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    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages


                     1 Ébauche de costume pour le procès des Plaideurs de Racine

     

     

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

                                                     2 Dandin, le juge (nd)

     

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

                                    3 La Comtesse (gravure de Geffroy. 1832)

     

     

     

    La Comtesse.           - Laissez faire, ils ne sont pas au bout :

                                  - J’y vendrai ma chemise ; et je veux rien ou                                    tout.

                                     (Acte I, scène VII)

     

     

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

                                   4 Dandin, le juge (gravure de Geffroy. 1832)

     

     

     

    Chicaneau.             - Certain quartaut de vin

     

    Dandin.                  - Hé ! je n’en ai que faire

     

    Chicaneau.             - C’est très bon muscat.

     

    Dandin.                  -  Redites votre affaire.

                                   (Acte II, scène XI)

     

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

       5 L'Intimé, secrétaire (Illustrateur E. Friant - Portrait de M. Coquelin Cadet). 

     

     

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

                           6 Dandin, le juge                      Léandre, le fils du juge

     

     

     

     

    Cette gravure et la suivante sont (difficilement) extraites du chapitre 10 du manuel scolaire de Marcel Berry, Une semaine avec ... (CM et CS), publié en 1938.

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

              8 Petit-Jean, le portier de Dandin            l’Intimé, secrétaire

     

     

     


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    Les Plaideurs de Racine. Dessins de Prévost d’après Taunay

    1. Les Plaideurs de Racine : acte I, scène IV. Gravure sur cuivre de Benoit Louis Prévost, d’après un dessin de Nicolas Antoine Taunay (extraite des Œuvres de Racine, Paris, Didot l’aîné, 1801-1805, 3 volumes. Lieu de conservation: New York, The Metropolitan Museum of Art).

     

     

     

     

            ACTE I. SCÈNE IV des Plaideurs de Racine (fichier PDF)

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Dessins de Prévost d’après Taunay

    2. Les Plaideurs de Racine : acte II, scène IV. Gravure sur cuivre de Benoit Louis Prévost, d’après un dessin de Nicolas Antoine Taunay (extraite des Œuvres de Racine, Paris, Didot l’aîné, 1801-1805, 3 volumes. Lieu de conservation: New York, The Metropolitan Museum of Art).

     

     

     

     

     

     

           ACTE II. SCÈNE IV des Plaideurs de Racine (fichier PDF)

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine. Dessins de Prévost d’après Taunay

    3. Les Plaideurs de Racine : acte III, scène III. Gravure sur cuivre de Benoit Louis Prévost, d’après un dessin de Nicolas Antoine Taunay (extraite des Œuvres de Racine, Paris, Didot l’aîné, 1801-1805, 3 volumes. Lieu de conservation: New York, The Metropolitan Museum of Art).

     

     

     

     

     

     

          ACTE III. SCÈNE III des Plaideurs de Racine (fichier PDF) 


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    Jean Racine (1639-1699), gravé par Daullé en 1752, d’après le portrait peint par Santerre

    1 Jean Racine (1639-1699), gravé par Daullé en 1752, d’après le portrait peint par Santerre.

     

        Les Plaideurs est une comédie en trois actes de Jean Racine, écrite en vers alexandrins. C’est la seule comédie de ce grand tragédien français. Il ne se cachait aucunement s’être inspiré de la comédie des Guêpes d’Aristophane, un auteur comique grec du Vème siècle avant Jésus-Christ, qui y tournait en ridicule les tribunaux athéniens et les manies des juges (voir les extraits des Guêpes d’Aristophane déjà reproduits dans la rubrique « Comédie du Droit » de ce blog).

     

     

      Voici la célèbre scène des Plaideurs où Racine, à son tour, se moque des procès en général, les « chicanes », par la bouche de « Chicaneau » (selon les éditions, écrit « Chicaneau » ou « Chicanneau ») :  

     

    ACTE PREMIER     SCENE VII 

     

    LA COMTESSE, CHICANEAU

     

     

    CHICANEAU

    Voici le fait. Depuis quinze ou vingt ans en çà,

    Au travers d'un mien prés certain ânon passa,

    S'y vautra, non sans faire un notable dommage,

    Dont je formai ma plainte au juge du village.

    Je fais saisir l'ânon. Un expert est nommé ;

    A deux bottes de foin le dégât estimé.

    Enfin, au bout d'un an, sentence par laquelle

    Nous sommes renvoyés hors de cour. J'en appelle.

    Pendant qu'à l'audience on poursuit un arrêt,

    Remarquez bien ceci, madame, s'il vous plaît,

    Notre ami Drolichon , qui n'est pas une bête,

    Obtient pour quelque argent un arrêt sur requête ,

    Et je gagne ma cause. A cela que fait-on ?

    Mon chicaneur s'oppose à l'exécution.

    Autre incident : tandis qu'au procès on travaille,

    Ma partie en mon pré laisse aller sa volaille.

    Ordonné qu'il sera fait rapport à la cour

    Du foin que peut manger une poule en un jour :

    Le tout joint au procès. Enfin, et toute chose

    Demeurant en état, on appointe la Cause.

    Le cinquième ou sixième avril cinquante-six.

    J'écris sur nouveaux frais . Je produis, je fournis

    De dits, de contredits, enquêtes, compulsoires,

    Rapports d'experts, transports, trois interlocuteurs,

    Griefs et faits nouveaux, baux et procès-verbaux.

    J'obtiens lettres royaux, et je m'inscris en faux.

    Quatorze appointements, trente exploits, six instances,

    Six-vingts productions , vingt arrêts de défenses ,

    Arrêt enfin. Je perds ma cause avec dépens,

    Estimés environ cinq à six mille francs.

    Est-ce là faire droit ? est-ce là comme on juge ?

    Après quinze ou vingt ans ! Il me reste un refuge :

    La requête civile est ouverte pour moi ;

    Je ne suis pas rendu. Mais vous, comme je vois,

    Vous plaidez ?

     

    LA COMTESSE

    Plût à Dieu !

     

     

    Les Plaideurs de Racine (1668)

                    2 Les Plaideurs, Comédie, à Paris chez Claude Barbin (1669)

     

      La pièce des Plaideurs a d’abord été présentée à l’Hôtel de Bourgogne en novembre 1668. Jusqu’au XIXème siècle, elle fut le plus grand succès de Jean Racine concurrençant les comédies de Molière auprès du public. Elle est toujours jouée dans nos théâtres et, parfois encore, par des collégiens ou des lycéens lors des fêtes de fin d’année.

     

       Avec élégance, le Théâtre des Quatre Saisons de Narbonne offre gratuitement, en ligne sur Youtube, depuis le 25 mai 2017, un extrait de sa représentation des Plaideurs de Racine, enregistrée le 4 mars 2017 à la MJC de Narbonne (il y a cinq mois, l’administrateur annonçait que, dès la fin des représentations de la pièce au théâtre de Narbonne, il mettrait en ligne sa version complète).

     

    Les Plaideurs de Racine, Théâtre des Quatre Saisons de Narbonne, 4 mars 2017

     

    Livres audio gratuits. D’autres sites ou blogs ont mis en ligne les versions intégrales audio de représentations données de cette pièce.

     

     Il en est ainsi, par exemple, du site www.litteratureaudio.com qui permet d’écouter et d’enregistrer gratuitement et très facilement une version des Plaideurs, en trois fichiers MP3 (un fichier pour chacun des trois actes). 

     

    Les Plaideurs de Racine, acte I, version audio

     

    Les Plaideurs de Racine, acte II, version audio

     

     Les Plaideurs de Racine, acte III, version audio

     

     

       « Et moi, et moi, et moi… ». Quant à l’auteur de ce blog consacré aux facs’ de droit, si les visiteurs veulent bien le lui permettre, il va leur céder, à titre gratuit, aujourd’hui même, le texte complet des Plaideurs de Racine en un fichier PDF, ainsi que, tout au long des deux semaines à venir (un post tous les deux jours), les plus belles illustrations de cette œuvre dont voici quelques citations célèbres :

     

    Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. 
    Acte I, scène 1 

     Point d'argent, point de Suisse. 
    Acte I, scène 1

    Sans argent l’honneur n’est qu’une maladie. 

    Acte I, scène 1

     

    On apprend à hurler avec les loups. 

    Acte I, scène 1

     

    Qui veut voyager loin ménage sa monture. 
    Acte I, scène 1

     

    L'un veut plaider toujours, l'autre toujours juger. 
    Acte I, scène 4 

     Compare prix pour prix. 
    Acte I, scène 4 

     L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense. 
    Acte I, scène 4

     Qu'est-ce qu'un gentilhomme ? Un pilier d'antichambre. 
    Acte I, scène 4 

    Le monde est devenu, sans mentir, bien méchant. 
    Acte I, scène 6 

    Si vous parlez toujours, il faut que je me taise. 
    Acte I, scène 7 

     Quand une femme en tête a sa folie ; fou vous-même. 
    Acte I, scène 7 

    On a bien de la peine à se faire écouter ! 
    Acte II, scène 2

     Le plus habile homme peut se méprendre. 
    Acte II, scène 4 

    Je dois parler, je parle, j'ai parlé. 
    Acte III, scène 3 

     On ne court pas deux lièvres à la fois. 
    Acte  III, scène 3 

     Les témoins sont fort chers, et n'en a pas qui veut. 
    Acte III, scène 3

     Qui voudra mordre y morde. 
    Acte III, scène 3 

     

     

    Les Plaideurs (illustration d’un Almanach de l’année 1789)

                  3. Les Plaideurs (illustration d’un Almanach de l’année 1789)

     

                    L’INTRIGUE 

     

    Acte 1 - Dandin, juge à moitié fou, veut sans cesse juger des procès. Son fils Léandre, aidé de Petit Jean, le portier de la maison du juge, et de l’Intimé, le secrétaire de cette même maison, parvient à l’empêcher de sortir de chez lui. Surviennent Chicaneau, un bourgeois, et la comtesse de Pimbesche, qui viennent voir Dandin pour des causes différentes. Les deux plaideurs finissent par se chamailler entre eux. De son côté, Léandre cherche un moyen d’obtenir la main d’Isabelle, la fille de Chicaneau.

     

    Acte 2 - Sur une idée de Léandre, l’Intimé se déguise en huissier et va présenter un billet à Isabelle. Chicaneau s’interpose. Léandre, déguisé en commissaire, réussit à lui faire signer un papier qui, soi-disant, règle cette affaire. Dandin, quant à lui, réclame toujours un procès à juger. Léandre lui propose de s’occuper du cas d’un chien qui a volé un chapon.

     

    Acte 3 - Le procès du chien se tient chez Dandin. Petit Jean et l’Intimé, avocats improvisés, tiennent des discours incohérents. Enfin, Léandre présente à son père le contrat qu’il a fait signer à Chicaneau. C’est une promesse de marier sa fille au jeune homme. Dandin donne son arrêt : le contrat est valide et le mariage aura lieu !

     

     

    Dandin, le juge, interprété par Baptiste Cadet au Théâtre Français (gravure de Pierre Paul Prud’hon, d’après un dessin de Sébatien Coeuré)

    3. Dandin, le juge, interprété par Baptiste Cadet au Théâtre Français (gravure de Pierre Paul Prud’hon, d’après un dessin de Sébatien Coeuré).

     

    « Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison,

    De sacs et de procès j'ai fait provision » (Acte I. Scène IV).

     

    Baptiste Cadet (1765-1839), pseudonyme de Paul-Eustache Anselme, était un acteur de théâtre, sociétaire de la Comédie-Française (1799-1822). Sous la Restauration (1814 1830), il interpréta le rôle de l’Intimé et celui de Dandin des Plaideurs. 

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine (1668)

       4. Gravure illustrant une édition des Plaideurs, de Jean Racine. 

     

     

                     LES PERSONNAGES   

     

    DANDIN,      Juge.

    LÉANDRE,   Fils de Dandin.

    CHICANEAU, Bourgeois.

    ISABELLE,   Fille de Chicaneau.

    LA COMTESSE.

    PETIT-JEAN, Portier.

    L'INTIMÉ, Secrétaire.

    LE SOUFFLEUR. 

     

     

    5. Les Plaideurs, comédie en trois actes de Jean Racine (texte complet en fichier PDF). 

     

     

     

     

    Les Plaideurs de Racine (1668)

    6. Les Plaideurs, Comédie de Jean Racine (œuvres de Jean Racine, Paris, 3 volumes, 1760, illustrées de 12 planches gravées d’après les compositions de Jacques de Seve).

     

     

        ACTE PREMIER     SCENE 1

     

    PETIT-JEAN (traînant un gros sac de procès)

     

    Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera:

    Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.

    Un juge, l'an passé, me prit à son service ;

    Il m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse.

    Tous ces Normands voulaient se divertir de nous :

    On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups.

    Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre,

    Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre.

    Tous les plus gros monsieur me parlaient chapeau bas ;

    Monsieur de Petit-Jean, ah! gros comme le bras!

    Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie.

    Ma foi, j'étais un franc portier de comédie,

    On avait beau heurter et m'ôter son chapeau,

    On n'entrait pas chez nous sans graisser le marteau.

    Point d'argent, point de suisse ; et ma porte était close.

    Il est vrai qu'à Monsieur j'en rendais quelque chose :

    Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin

    De fournir la maison de chandelle et de foin ;

    Mais je n'y perdais rien. Enfin, vaille que vaille,

    J'aurais sur le marché! fort bien fourni la paille.

    C'est dommage : il avait le cœur trop au métier ;

    Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier ;

    Et bien souvent tout seul, si l'on l'eût voulu croire,

    Il s'y serait couché sans manger et sans boire.

    Je lui disais parfois : « Monsieur Perrin-Dandin,

    « Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin.

    « Qui veut voyager loin ménage sa monture ;

    « Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. »

    Il n'en a tenu compte. Il a si bien veillé

    Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé.

    Il nous veut tous juger les uns après les autres.

    Il marmotte toujours certaines patenôtres

    Où je ne comprends rien. Il veut, bon gré, mal gré,

    Ne se coucher qu'en robe et qu'en bonnet carré.

    Il fit Couper la tête à Son Coq, de Colère,

    Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire ;

    Il disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal

    Avait graissé la patte à ce pauvre animal.

    Depuis ce bel arrêt, le pauvre homme a beau faire,

    Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire.

    Il nous le fait garder jour et nuit, et de près :

    Autrement, serviteur, et mon homme est aux plaids.

    Pour s'échapper de nous, Dieu sait s'il est allaigre.

    Pour moi, je ne dors plus : aussi je deviens maigre ;

    C'est pitié. Je m'étends, et ne fais que bâiller.

    Mais, veille qui voudra, voici mon oreiller!.

    Ma foi, pour cette nuit il faut que je m'en donne !

    Pour dormir dans la rue on n'offense personne.

    Dormons.

    (Il se couche par terre.) 

     

     

      Post à venir. A très bientôt pour les six « post » suivants (ou chapitres pour ceux de ma génération), au rythme d’un envoi tous les deux jours (je ne sais toujours pas s’il faut mettre un s final au mot post au pluriel !).

     

    2 Les Plaideurs de Racine. Dessins de Prévost d’après Taunay (1801)

    3. Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages

    4. Les Plaideurs de Racine. Illustrations d'Albert Dubout (1945)

    5. Les Plaideurs de Racine. À l'école du théâtre

    6. Les Plaideurs de Racine. Images publicitaires anciennes.

    7. Les Plaideurs de Racine. Le procès du chien

     


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    1 Seconde contribution au Marathon du Droit de Boulogne-sur-Mer, le 15 mars 2019, sous le soleil sporadiquement radieux de la Côte d’Opale soutenu par une pluie fidèle au rendez-vous, accompagnée d'un vent oscillant aux alentours de 47 km/h (Marathon du Droit à Boulogne-sur-Mer, le 15 mars 2019).

     

     

     

    Bavardage et babillage des Professeurs des Facultés de Droit

    2 Mon premier cours de droit (souvenirs d’un jeune étudiant des années 1970)

     

    « Je dirai que  le principe, du latin principium, fréquentatif de principem, de primus, premier, et capere, prendre, c’est le principe, et l’exception, du latin exceptionem, fréquentatif de excipere, de ex, hors, et cipere pour capere, prendre, mettre en dehors, c’est l’exception au principe. En droit, il n’y a point de principe sans exceptions. L’exception confirme toujours le principe, nonobstant les réserves aux exceptions, les tempéraments aux réserves, et les modifications apportées aux tempéraments. Cela ne souffre point d’exception ! C’est ainsi que la Jurisprudence applique l’exception au principe, tandis que la Doctrine applique le principe de l’exception…

     

    … Mais je dois m’interrompre à grand regret car il m’est toujours très difficile de faire une heure de cours en cinquante minutes ! Il n’y a point d’exception à ce principe. Non ne prenez pas note de cette dernière réflexion, car sauf exception elle ne se trouve pas, en principe, dans votre livre ! »

     

     

     

    Edmond Faral (1882-1952), professeur au Collège de France

    3 Edmond Faral (1882-1952), professeur au Collège de France et administrateur de celui-ci.

     

    « Quel bavardage*, que de paroles creuses à la Faculté de Droit ! Et il faut voir ceux qui reviennent de la capitale des études juridiques, où ils sont allés se perfectionner : ils babillent** comme des étourneaux en cage, sans souci de ce qu’ils disent, pourvu qu’ils y trouvent profit » (Edmond Faral. La Vie quotidienne au temps de Saint Louis, 1942, page 93).

     

    Cette phrase d’Edmond Faral est aujourd’hui citée dans plusieurs dictionnaires et encyclopédies de la langue française recensés par la base de données ORTOLANG (Outils et Ressources pour un Traitement Optimisé de la LANGue) du CNRTL (Centre national de Ressources Textuelles et Lexicales), créé, en 2005,  par le CNRS, pour illustrer les mots bavardage et babiller. Serait-elle donc en passe de devenir un Principe, dans le sens de Maxime, sous réserve d’Exceptions ? N’y aurait-il point prescription juridique par la Grâce de Dieu ?

     

    * BAVARDAGE, substantif masculin 

    Assez souvent avec une nuance péjorative. Action de parler longuement, familièrement, souvent pour ne rien dire; par métonymie, ensemble de paroles abondantes, souvent dépourvues d'intérêt. 

     

    ** BABILLER, verbe intransitif, provenant d’une onomatopée (formation d'un mot dont le son est imitatif de la chose qu'il signifie), bab., qui indique certain mouvement des lèvres :

     

    A.− Parler avec abondance, d'une manière vive et volubile. Babiller avec quelqu’un.

     

    B.− Péj. Parler avec abondance et vite pour le seul plaisir de parler; tenir des propos futiles sans ordre ni suite. Babiller à perdre haleine, tant et plus.

     

     

     

    Un maître de l’université de Paris en chaire, au Moyen Âge

    4 Un professeur de droit en chaire, au temps de Saint Louis (d’après un bas-relief du Moyen Âge de l’Université de Paris). Du bavardage et du babillage en latin ? 

     

     

     

    L'art de la plaidoirie de l'avocat : bla., bla., bla...

         5 De l’art de la plaidoirie : Bla... Bla... Bla... (onomatopée tripartite désignant le bavardage et le babillage sans intérêt).

     

    Pour en savoir beaucoup plus sur le bla…bla… bla… des avocats issus de nos Facultés de Droit, ne manquez surtout pas, sur ce blog, à partir du dimanche 17 mars prochain, l’exceptionnelle série de sept post (j’ai horreur de ce mot !) ou posts (faut-il mettre un s au pluriel à ce fichu mot ?) consacré, dans la rubrique Comédie du Droit, à la pièce des Plaideurs de Racine, en textes, images et cartes postales anciennes (ICPA J).  

     

    Par ordre d’entrée en scène : 

     

          1  Les Plaideurs de Racine (1668) 

    2  Les Plaideurs de Racine. Dessins de Prévost d’après Taunay (1801) 

    3  Les Plaideurs de Racine. Les costumes des personnages 

    4  Les Plaideurs de Racine. Illustrations d'Albert Dubout (1945) 

       5  Les Plaideurs de Racine. À l'école du théâtre 

    6  Les Plaideurs de Racine. Images publicitaires anciennes 

    7  Les Plaideurs de Racine. Le procès du chien 


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    Le jargon universitaire


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