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    Le jardin du Luxembourg pendant la guerre de 14-18

    1 Jeu d’enfants sur le grand bassin du jardin du Luxembourg (photographie de presse de l’agence Rol, datée de l’année 1913).

     

     

    « Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent », écrivait La Bruyère. Aussi les enfants de Paris qui faisaient voguer leur p’tit bateau sur le bassin du « Luco », en ce jour d’automne de l’année 1913, ne pouvaient-ils, un seul instant, imaginer que les grandes personnes préparaient leur première Grande Guerre mondiale avec ses 20 millions de morts, dont 1,4 million soldats français, et ses 21 millions de blessés.

     

     

     

     

     

     Le tambour. Jardin du Luxembourg, février 1914 (© Roger-Viollet).

     2 Le tambour. Jardin du Luxembourg, février 1914 (© Roger-Viollet).

     

     

               « Fini de jouer, il faut s’en aller. » Ce gardien du jardin du Luxembourg qui, un soir de février 1914, chassait les enfants, au son de son tambour, ne pouvait, lui non plus, imaginer qu’il serait, quelques mois après, appelé sous les drapeaux et envoyé au front sans grand espoir de revoir les « p’tiots » de son cher « Luco ».

     

     

     

     

     

    Ordre de mobilisation générale du 1er août 1914 (affiche de l’Imprimerie nationale)

    3 Ordre de mobilisation générale du 1er août 1914 (affiche de l’Imprimerie nationale).

     

     

    Car en effet, le 1er août 1914, un peu plus d’un mois après l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche, l’archiduc François-Ferdinand, à Sarajevo, par un étudiant et nationaliste serbe, l’Allemagne déclara la guerre à la Russie, et le Gouvernement français ordonna la mobilisation générale.

     

    Puis le 3 août, l’Allemagne déclara la guerre à la France. Les Allemands, après avoir traversé le Luxembourg et la Belgique neutre, arrivèrent alors à 50 km de Paris le 31 août. Le 2septembre, le gouvernement quitta la capitale pour Bordeaux (il revint à Paris, le 9 décembre 1914).

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg pendant la guerre de 14-18

    4 « Les poilus français prennent un drapeau et les enfants de Montmartre aussi » (Dessin et texte du très jeune Jolivet de l’école communale de garçons de la rue Sainte Isaure du 18ème arrondissement de Paris. 1916).

     

     

    Dès le début du conflit, la prise de Paris fut le premier objectif de l’armée allemande. Toutefois, du 5 au 14 septembre, la réquisition de 630 taxis parisiens pour transporter nos troupes sur le front, et la 1ère bataille de la Marne qui s’en suivit  (une 2ème bataille de la Marne eut lieu le 18 juillet 1918), transforma la guerre de mouvement en une guerre de position ou de tranchées qui ne s’achèvera que le 11 novembre 1918 avec la signature de l’armistice.

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg pendant la guerre de 14-18

    5 Le jardin du Luxembourg en septembre 1914 (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]).

     

     

    Pendant la première Grande Guerre, Paris n’était plus composée que de femmes, d’enfants, de vieillards, d’hommes malades, et de soldats en permission. En effet, tous les hommes entre 20 et 48 ans, en bon état de santé, avaient été appelés sous les drapeaux. Quant à ceux d’entre eux qui, blessés ou mutilés sur le front, revenaient par dizaines de milliers dans les hôpitaux de la capitale, ils suscitaient les interrogations des parisiens sujets à une censure de fer sur l’évolution de la guerre. 

     

     

     

     

     

    La fontaine Carpeaux du jardin du Luxembourg protégée contre les bombardements (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939])

    6 La fontaine Carpeaux du jardin du Luxembourg protégée contre les bombardements (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]).

     

     

    Le célèbre épisode des taxis de la Marne des 5 et 6 septembre 1914 et la première bataille de la Marne qui s’en suivit empêchèrent l’armée allemande de conquérir rapidement Paris. Bloqués à près d’une cinquantaine de km de la capitale, et ce jusqu’en 1918, ils développèrent alors une stratégie de bombardement de la capitale qui évolua au gré des progrès technologiques (en 1914, les avions étaient essentiellement utilisés par des sportifs, les premiers as de l’aviation. En 1918, ils étaient devenus de véritables armes de guerre).

     

    C’est ainsi qu’un premier raid aérien allemand sur Paris eut lieu le 30 août 1914 avec un  « Taube » (avion monoplan biplace surnommé ainsi [colombe en français] en raison de la forme de ses ailes). Il largua cinq petites bombes de trois kg chacune, et une série de tracts sur la capitale, sans faire de blessés.

     

     

     

     

     

    La fontaine Médicis du jardin du Luxembourg protégée contre les bombardements entre 1914 et 1918 (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]. Musée Carnavalet).

    7 La fontaine Médicis du jardin du Luxembourg protégée contre les bombardements entre 1914 et 1918 (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]. Musée Carnavalet).

     

     

    Paris fut bombardé tout au long de la guerre par des canons. Ainsi, le 29 janvier 1916, plus de 17 bombes furent-elles larguées sur la capitale par un Zeppelin allemand entraînant la mort de 265 civils.  

     

    Mais c’est en 1918, entre le 23 mars et le 9 août 1918, que la capitale connut ses bombardements les plus meurtriers. Près de 400 obus furent tirés de canons géants à longue portée, les « Pariser Kanone », situés en Picardie à plus de 120 km de la capitale. L’un de ces obus tomba sur l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, le 29 mars 1918, pendant les vêpres du Vendredi Saint, tuant 91 personnes dont 52 femmes, et en blessant 68 autres. 

     

     

     

     

     

     Abri édifié au jardin du Luxembourg pour les aérostiers en 1918

             8 Abri édifié au jardin du Luxembourg pour les aérostiers en 1918

     

     

    L’aérostat était un grand ballon rempli d'un air échauffé ou d'un gaz plus léger que l'air, et qui, par ce moyen, s'élevait et se soutenait dans l'air. Il permettait d’observer les positions de l’ennemi. Celui qui le dirigeait portait le nom d’aérostier.

     

     

     

     

     

     

           Ballon captif dit saucisse au jardin du Luxembourg en mai 1918 (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]. Ville de Paris/BHVP/Roger-Viollet)

    9 Ballon captif dit saucisse au jardin du Luxembourg en mai 1918 (photographie de Charles Lansiaux [1855-1939]. Ville de Paris/BHVP/Roger-Viollet).

     

     

    Le ballon captif, appelé « saucisse » en raison de sa forme, était relié au sol par un câble enroulé sur une bobine de treuil enfouie dans le sol. Piloté par un aérostier, il permettait d’observer les positions ennemies. Plus de 4000 furent construits pendant la guerre de 14-18. 

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg le 24 février 1916

                          10 Le jardin du Luxembourg le 24 février 1916

     

     

    Pendant la Grande Guerre, c’est surtout à partir de 1917 que la nourriture commença à manquer non seulement pour les parisiens, mais aussi pour les moineaux du jardin du Luxembourg.

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg en 1917 : la Terrasse des Reines

                  11 Le jardin du Luxembourg en 1917 : la Terrasse des Reines

     

    J’ai extrait cette image d’un film tourné pendant la Grande Guerre intitulé : « Paris après trois ans de guerre ». Ce film d’une trentaine de minutes est en accès libre sur Youtube sous le lien : https://www.youtube.com/watch?v=AB2iQBffX4Y 

    Il est mentionné Référence : 14.18 B 369 Copyright : ECPAD (établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense). 

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg en 1917 : le grand bassin

                    12 Le jardin du Luxembourg en 1917 : le grand bassin

     

    Voici une autre mage extraite du film précité (Référence 14.18 B 369 Copyright : ECPAD).

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg le11 mars 1917 : sur le bord du grand bassin

       13 Le jardin du Luxembourg le11 mars 1917 : sur le bord du grand bassin.

     

    Pendant la Grande Guerre, le jardin du Luxembourg continua d’accueillir ses habitués. Ici une élégante, sans son époux (Copyright : Fonds Berthelé).

     

     

     

     

    La première Guerre mondiale est finie, place à la seconde Guerre mondiale !

    14 La première Guerre mondiale est finie, place à la seconde Guerre mondiale !

     

    Le 11 Novembre 1918, l’armistice entre les Allemands et les Alliés fut signé à 5h15 heures du matin dans un wagon dans la clairière de Rethondes de la forêt de Compiègne. Le cessez le feu sera effectif à 11h et le traité de Versailles signé le 28 juin 1919.

     

     

     

     

    Bal devant le jardin du Luxembourg, carrefour et rue Soufflot

               15 Bal devant le jardin du Luxembourg, carrefour et rue Soufflot.

     

    De nombreux parisiens laissèrent aussitôt éclater leur joie dans les rues de la capitale, sous le carillon de toutes les cloches, pendant que d’autres pleuraient leurs pères, leurs enfants ou leurs frères disparus à jamais.  

     


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    Le fusillement *  des Fédérés au jardin du Luxembourg (1871)

     

     

     

    * Le mot fusillement (l’action de fusiller), aujourd’hui disparu de nos dictionnaires, est apparu en 1870-1871 lors du siège de Paris par les troupes légitimistes versaillaises. Il s’employait dans les conversations des vainqueurs pour désigner l’une des peines encourue, après leur arrestation, par les insurgés parisiens, aussi appelés Fédérés ou Communards. 

     

     

     

     

    Le fusillement des Fédérés au jardin du Luxembourg (1871)

    1 Le bord de la terrasse des Reines du jardin du Luxembourg dans les années 1900 (photographie en noir et blanc colorisée à la main)

     

     

    « Son bonheur consistait aux beautés d’un jardin » (La Fontaine, Fabl. XII. 20). Le grand bassin du jardin du Luxembourg est entouré d’une double terrasse (terrasse-Ouest et terrasse-Est) que l’on appelait, il y a bien longtemps, la « Terrasse des Reines ».

     

     

     

    Les Reines de France du jardin du Luxembourg

                           2 Les Reines de France du jardin du Luxembourg

     

    De nombreuses statues de reines de France y sont édifiées : Sainte Clotilde, Marguerite de Provence, Anne de Bretagne, Anne d’Autriche, Blanche de Castille, Anne de Beaujeu, Valentine de Milan, Marguerite de Valois, Marie de Médicis, Laure de Noves, Sainte Bathilde, Berthe, Mathilde, Sainte Geneviève, Marie Stuart, Jeanne d’Albret, Clémence Isaure, Anne Marie Louise d’Orléans, Louise de Savoie, Marguerite d’Anjou.

     

     

     

     

     Sainte Bathilde sur la terrasse-Est du « Luco » (photographie des frères Jules, Louis et Henri Séeberger

    3 Sainte Bathilde sur la terrasse-Est du « Luco » (photographie des frères Jules, Louis et Henri Séeberger, circa 1905.Centre des musées nationaux).

     

    Ces reines et dames de France, en pierre ou en marbre, veillent sur des enfants tout-petits qui dorment, rient ou pleurent, et sur d’autres, bien plus grands, qui font voguer des bateaux sur le bassin central.

     

    Cher et vieux Luxembourg! C'est vers cinquante-six 
    Que, dans les environs du palais Médicis, 
    S'étaient logés mes bons parents, dans la pensée 
    Que je serais ainsi tout proche du lycée 
    Dont alors j'étais l'un des mauvais écoliers; 
    Et le jardin royal, aux massifs réguliers,
    Aux vastes boulingrins de verdure qu'embrasse 
    Le gracieux contour de sa double terrasse, 
    M'accueillit bien souvent, externe paresseux. […]
    Il me semblait parfois que les dames de marbre, 
    Clotilde aux longs cheveux, Jeanne écoutant ses voix, 
    Et la fière Stuart et la fine Valois,
    Me jetaient des regards et me faisaient des signes […]

    (Au jardin du Luxembourg. Poésie de François Coppée 1842-1908). 

     

     

     

     

    Le coin des nourrices au jardin du Luxembourg

    4 Le coin des nourrices au jardin du Luxembourg (photographie en noir et blanc colorisée à la main. Circa 1900).

     

    Nos nourrices et bonnes d’enfants de la Belle Epoque, qui avaient pris possession des bancs de pierre et des chaises de la bordure de la double terrasse des Reines, savaient-elles qu’il s’était joué à cet emplacement l’une des plus terribles tragédies de l’Histoire de France : l’exécution par les armes, au mois de mai 1871, de plusieurs centaines d’émeutiers parisiens, également désignés sous les noms de Communards, Fédérés, Révolutionnaires ou Insurgés ?

     

    Que pouvaient évoquer pour elles les multiples petits trous des murets de la double terrasse qu’un regard attentif permettait de voir ? (ils furent visibles jusqu’en 1930).

     

     

     

     

     Récréation avant la leçon d'histoire (vers 1900)

      5   Récréation avant la leçon d'histoire de la Commune de Paris (circa 1900)

     

               Petit rappel historique pour écoliers. Les années 1870-1871 furent un véritable cauchemar pour les Français vaincus, le 1er septembre 1870, par l’armée prussienne à Sedan (Napoléon III y fut fait prisonnier), et, plus encore, pour les Parisiens, petits et grands, lors du siège hivernal de la capitale, par les forces allemandes, du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871.

     

               Mais la proclamation de la IIIème République sur la place de l’Hôtel de Ville de Paris, le 4 septembre 1870, la capitulation de la France, le 28 janvier 1871, et la fin du siège de Paris qui s’en suivit ne donnèrent aucun répit aux Parisiens affamés et frigorifiés. En effet, ces événements furent aussitôt suivis, en mars 1871, de l’épisode sanglant de la Commune de Paris qui donna lieu à un second siège de la capitale, cette fois, par l’armée française régulière ou légitime.

     

     

     

     

    Les Gardes nationaux et le peuple de Paris (datée 1871)

                   6 Les Gardes nationaux et le peuple de Paris (datée 1871)

     

    Des Parisiens, issus des classes populaires, souvent socialistes, voire des utopistes et des anarchistes, dénoncèrent les conditions de l’armistice avec la Prusse comme le défilé solennel aux Champs Élysées des troupes allemandes qui occupaient alors les forts du Nord et de l’Est de Paris.

     

    Mais l’un des déclencheurs le plus certain de l’insurrection des Parisiens fut l’envoi, dans Paris, le 18 mars 1871, par Adolphe Thiers, nouveau chef du Gouvernement républicain, de 4000 soldats, dénommés les « Versaillais », pour reprendre les 227 canons qui avaient été financés par les Parisiens eux-mêmes pour défendre la capitale. Ces canons étaient encore aux mains des soldats de la Garde nationale (plus de 150 000 hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier. Depuis, la Restauration, tous les hommes de 25 à 50 ans en faisaient partie). Or ces soldats de la Garde nationale, qui étaient en train de s’organiser en une Fédération des bataillons de la Garde nationale (fin septembre 1870, il y avait 254 bataillons), menaçaient de reprendre les combats contre les prussiens au grand dam de la nouvelle Assemblée nationale républicaine réfugiée à Versailles, et dont la majorité était favorable aux conditions de paix imposées par la Prusse (sur 650 députés, cette Assemblée comptait 400 légitimistes et orléanistes).

     

     

     

     

    Appel du Comité de Salut Public de la Commune de Paris à la mutinerie des Soldats de l’Armée de Versailles

    7 Appel du Comité de Salut Public de la Commune de Paris à la mutinerie des Soldats de l’Armée de Versailles.

     

               Le 26 mars 1871, les insurgés, devenus maîtres de la capitale, firent élire par les Parisiens un Conseil général de la Commune sous le nom de Commune de Paris. Cet organe, qui se présentait comme un contre-gouvernement de celui des Versaillais, fut chargé de gérer Paris de manière autonome, et ce conjointement avec le Comité central de la Garde nationale, lui-même érigé en Gouvernement et installé à l’Hôtel de Ville de Paris.

     

               Le nouveau Comité de Salut Public de la Commune de Paris appela aussitôt les soldats des troupes légitimes versaillaises à se mutiner et à rejoindre le peuple de Paris : « Venez à nous, Frères, venez à nous ; nos bras vous sont ouverts ! » (de nombreux soldats versaillais se mutinèrent). 

     

     

     

     

    Une barricade des Gardes nationaux dans Paris en 1871

                   8 Une barricade des Gardes nationaux dans Paris en 1871

     

               « La guerre est bien forte quand les loups se mangent l'un l'autre ». Pour rétablir l’ordre, Adolphe Thiers, s’inspirant des leçons de la Révolution de 1848, se résolut à livrer Paris aux insurgés pour d’abord les y enfermer, ensuite les y écraser. Ainsi, dès le 2 avril 1871, les insurgés durent-ils affronter les attaques et les bombardements des troupes régulières commandées par Mac-Mahon. Ils érigèrent des barricades dans de nombreuses rues de la capitale et incendièrent plusieurs monuments (Palais des Tuileries, Palais de Justice, Hôtel de Ville…). Ils brandissaient le drapeau rouge, alors que les soldats réguliers légitimistes portaient le drapeau tricolore. « Le drapeau tricolore, qui a été celui de la première République, a eu, certes, ses jours glorieux ; mais l’empire l’a traîné dans la boue de Sedan, et ce n’est pas nous qui l’y ramasserons. » (Auguste Vacquerie, Le Rappel, 29 mars 1871). 

     

     

     

     

    28 mai 1871 : le dernier jour de la Commune de Paris

                       9  28 mai 1871 : le dernier jour de la Commune de Paris

     

               « La Semaine sanglante ». Le 21 mai 1871, les troupes versaillaises entrèrent dans Paris par la porte du Point du Jour. Supérieures en nombre et en armes, elles reprirent, en moins d’une semaine, le contrôle de tous les quartiers en refoulant les insurgés au cours de combats d’une extrême violence.

     

               « Plus de morts, moins d’ennemis » (Proverbe ancien). Dix-sept mille Fédérés furent fusillés (certaines sources évoquent le nombre de vingt-cinq mille) et plus de trente mille arrêtés (les Fédérés eux-mêmes avaient exécuté de nombreux otages ainsi que des gardes nationaux qui refusaient de se battre).

     

               La guerre civile prit fin, le 28 mai 1871, avec les derniers combats au cimetière du Père Lachaise, et le massacre de plus de quatre cent Fédérés fusillés contre son mur d’enceinte (le Mur des Fédérés). 

     

     

     

     

    Les enfants insurgés de la Commune de Paris en 1871

                      10 Les enfants insurgés de la Commune de Paris en 1871

              

               « On les traitera comme des brigands qu'ils sont, comme d'épouvantables monstres » (Le Moniteur universel. 1871). Jusqu’en 1875, vingt-six conseils de guerre prononcèrent à l’encontre de 46 835 prévenus, hommes, femmes et enfants, des condamnations à mort (270), aux travaux forcés (410), à la déportation (plusieurs milliers), principalement en Algérie et au bagne de Nouvelle-Calédonie, à l’emprisonnement (3398), ou, s’agissant d’enfants et d’adolescents, à l’enferment dans des maisons de correction (56).

     

               Une loi d’amnistie des insurgés de la Commune de Paris intervint le 11 juillet 1880. Beaucoup plus récemment, le 29 novembre 2016, la majorité de gauche de l’Assemblée nationale a voté la réhabilitation de toutes les victimes de la répression versaillaise, en cet article unique : 

     

    Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

    Considérant que les lois d’amnistie partielle de 1879 et d’amnistie totale de 1880 n’ont pas permis de réhabiliter l’ensemble des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871 ;

    1. Estime qu’il est temps de prendre en compte les travaux historiques ayant établi les faits dans la répression de la Commune de Paris de 1871 ;

    2. Juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par les acteurs de la Commune de Paris de 1871 ;

    3. Souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ;

    4. Proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871.

     

     

     

     

    La barricade de la rue Soufflot lors de la Commune de Paris

    11 La barricade de la rue Soufflot (en haut de la rue, les murs de la Faculté de Droit donnant sur la place du Panthéon et son monument éponyme).

     

    Après avoir résumé en quelques lignes les événements embrouillés de ces années 1870-1871, parmi les plus folles de notre Histoire de France et de Paris, je vous invite à rejoindre le Quartier Latin, la rue Soufflot et la place du Panthéon avec sa Faculté de Droit de Paris, et, bien entendu, le jardin du Luxembourg !

     

    En effet, le Quartier Latin ne fut guère épargné par les événements tragiques de la Commune. Face à l’entrée principale de la Faculté de Droit, l’église du Panthéon devint, au printemps de l’année 1871, le quartier général des Communards qui placèrent un drapeau rouge sur la croix, mutilée de ses bras, au sommet de son dôme. Le long d’un pan des murs de la Faculté de Droit, la rue Soufflot qui donne sur la place du Panthéon fut occupée par les insurgés parisiens qui y installèrent trois barricades dont celle représentée sur cette photographie de l’époque.

     

    Dès le 21 mai, après le siège de la capitale, les soldats versaillais investirent le jardin du Luxembourg et prirent le contrôle des rues Cujas, Malebranche, Mouffetard et de la place Maubert. Ils purent alors encercler les insurgés de la rue Soufflot et du Panthéon qui, recevant cinq obus, échappa de peu à la destruction.

     

     

     

     

     

    L’exécution du député Jean-Baptiste Millière sur les marches du Panthéon, le 26 mai 1871 

    12 L’exécution du député Jean-Baptiste Millière sur les marches du Panthéon, le 26 mai 1871.

     

    « Guerre et pitié ne s'accordent pas ensemble ». Le 24 mai, plus de sept cent Communards furent fusillés sur la place du Panthéon et dans les rues voisines. Les jours suivants les exécutions se poursuivirent dont celle de Jean-Baptiste Millière, un député qui, sans être Communard, avait comme journaliste rédigé des articles favorables à la Commune, suscitant la haine irréconciliable du ministre Jules Favre (des Versaillais lui reprochaient d’avoir été, les jours précédents, l’un des responsables de l’exécution d’otages au même endroit).

     

     « Je l’ai fait mettre à genoux et on a procédé à son exécution. Il a crié : Vive l’humanité ! » (témoignage du capitaine Garçin, chargé de l’exécution de Jean-Baptiste Millière).

    « Sa chemise était percée de balles à l’endroit du cœur, où apparaissait une large tache de sang. Une seule balle l’avait frappé à l’œil droit. Un officier s’approcha, se baissa sur le cadavre, et, lui appliquant son revolver dans l’oreille, fit feu. Un sergent franchit à son tour les degrés et lui lâcha le coup de grâce dans la tête; le crâne éclata en plusieurs morceaux et Millière fut complètement défiguré » (L’Illustration, 2 juin 1871).

     

     

     

     

    L’ancien amphithéâtre désert de la Faculté de Droit de Paris

    13 L’ancien amphithéâtre désert de la Faculté de Droit de Paris pendant la Commune (photographie de Charles Marville).

            

             « Quelle malheureuse révolution a troublé cette harmonie et renversé ce bel ordre ? » (Bourdal., Pensées, t. I, p. 385).  La Faculté de Droit de Paris n’a jamais été un vivier ou un foyer d’insurgés, de révolutionnaires ou de résistants lors des grands conflits dont elle fut témoin. Pour nous limiter à l’épisode de la Commune de Paris, c’est l’évidence même :

     

               - D’un côté, ses étudiants issus de la bourgeoisie aisée parisienne ou provinciale conservatrice et légitimiste, souvent des familles de gens de robes du droit (juges, avocats, professeurs), étaient étrangers aux idéologies socialistes, antibourgeoises et anticléricales des classes populaires révolutionnaires.

     

               - De l’autre, les professeurs en poste, qui avaient fait carrière sous la Monarchie de juillet, la Deuxième République et le Second Empire, enseignaient et ménageaient un ordre social posé par le Code civil de 1804, bien éloigné d’une République rouge défendues par les Communards (vingt professeurs étaient alors en poste parmi lesquels A.-Demante, Colmet de Santerre, Colmet-Daâge, Paul Gide, Chambellan, Machelard, Ratau, Vuatrin, Valette, Beudant, Bufnoir, Labbé). Certains d’entre eux devenus députés siégeaient d’ailleurs à l’Assemblée refugiée à Versailles dans les rangs des conservateurs (Batbie, Desjardins).

     

               C’est ainsi que la Faculté de Droit de Paris, comme les autres Facultés et lycées de la capitale, fut désertée par ses étudiants et professeurs pendant les quatre mois de l’insurrection communale de mars 1871 à juin 1871 (Adolphe Thiers avait ordonné aux fonctionnaires de rester chez eux et la plupart des professionnels de la justice s’étaient éclipsés à l’exception de deux notaires parisiens !). Aucun cours, ni aucune réunion n’eurent lieu pendant cette période, si ce n’est des conférences publiques pour les ouvriers données par le professeur Ortolan, faisant suite à des conférences destinées à la jeunesse et aux ouvriers données par les professeurs Duverger, Léveillé, Giraud et Valroger depuis le 10 octobre 1870 à la demande du vice-recteur.

     

               Quant au professeur Colmet-Daâge (1813-1896), nommé Doyen de la Faculté de Droit de Paris sous le Second Empire (en mai 1868), il quitta la capitale avec sa famille dès le début des troubles et ne revint exercer ses fonctions (jusqu’en 1878), qu’après le massacre des insurgés par les soldats versaillais. Il prit sa retraite en 1879 et mourut en 1896.

     

     

     

     

    Émile Accolas, nommé Doyen de la Faculté de Droit de Paris par le Conseil de la Commune (photographie de Nadard)

    14 Émile Accolas, nommé Doyen de la Faculté de Droit de Paris par le Conseil de la Commune (photographie de Nadard).

     

               Un Doyen virtuel. Sitôt constituée, la Commission de l’enseignement du Conseil de la Commune nomma, en avril ou mai 1871, Émile Accolas en qualité de Doyen de la Faculté de Droit, peu lui important son absence de légitimité au regard du pouvoir central et de l’administration de l’Instruction publique réfugiée à Versailles.

     

               Émile Accolas avait fait ses études à la Faculté de Droit de Paris et, opposant à l’Empire, il  avait été condamné à un an de prison avant de s’exiler en Suisse où il fut d’une part nommé professeur de droit civil à la Faculté de Droit de Berne, d’autre part co-fondateur de la Ligue de la Paix et de la Liberté à Genève.

     

               Ce juriste atypique de « gauche » ne pouvait que plaire aux Communards parisiens car il critiquait le Code civil napoléonien et soutenait dans ses écrits des idées novatrices en matière notamment de propriété, de droits de l’homme, d’égalité des femmes (émancipation complète de la femme mariée) et des enfants (reconnaissance des droits de l’enfant naturel, abolition de la puissance paternelle). Comme les Communards, il était également favorable à la séparation de l’Église et de l’Etat, et à l'instruction laïque, gratuite et obligatoire. Plus encore, depuis Berne, il avait adressé en 1871 de nombreuses lettres aux maîtres de la Commune de Paris dans lesquelles il approuvait leurs revendications et plaidait pour une médiation entre l’Assemblée versaillaise et la Commune (ces lettres sont réunies dans l’ouvrage d’Émile Accolas : « Ma participation à l’insurrection de Paris », Berne éditeur J. Allemann, 1871).

     

               Malheureusement pour les Communards, la participation d’Émile Accolas à l’insurrection de Paris se limita à ses écrits puisqu’il refusa de rejoindre notre capitale pour exercer ses nouvelles fonctions de Doyen de la Faculté de Droit de la place du Panthéon. Il ne rentra à Paris qu’en septembre 1871 après l’écrasement de la Commune par les troupes de l’armée versaillaise. Il sollicita alors une chaire de droit à la Faculté qui lui fut refusée par Jules Simon, le ministre de l’Instruction publique. Dépité, il repartit en Suisse où il fonda la revue mensuelle : La Science politique. 

     

     

     

     

     

    Exécution en masse des Fédérés dans le jardin du Luxembourg en mai 1871

    15 Exécution en masse des Fédérés dans le jardin du Luxembourg en mai 1871 (d’après une gravure de l’époque).

     

    « Les morts ont toujours tort » (Proverbe ancien). Après avoir pris le contrôle du Quartier Latin, notamment du Panthéon et de la rue Soufflot, les soldats versaillais multiplièrent les exécutions sommaires, parfois après un simulacre de procès.  C’est ainsi que, dans une annexe du musée du Luxembourg, des officiers des troupes triomphantes jugèrent promptement les Fédérés qui, venant d’être arrêtés, avaient échappé à une exécution immédiate par les « Versaillais ». Certains (plusieurs milliers), furent condamnés à l’emprisonnement (déportation, bagne, maisons de correction pour les enfants…). D’autres (plusieurs centaines), à la mort, étant immédiatement conduits devant les bordures de la double terrasse des Reines du Jardin du Luxembourg pour y être fusillés par des pelotons d’exécution.  

     


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    Le jardin et le Palais du Luxembourg (photographie datée de l’année 1870)

        1 Le jardin et le Palais du Luxembourg (photographie datée de l’année 1870)

     

     

    Entrée en guerre, le 19 juillet 1870, contre la Prusse de Bismarck, la France fut vaincue avec une soudaineté effroyable (défaite de Sedan et emprisonnement de l’empereur Napoléon III, le 1er septembre 1870 [le 4 septembre 1870, la Troisième République fut proclamée]).

     

     

     

     

     

    Le siège de Paris : « Mangez du chien, du chat et du rat »

                     2  Le siège de Paris : « Mangez du chien, du chat et du rat »

     

    Les troupes prussiennes assiégèrent Paris pendant les quatre mois du rude hiver de 1870-1871.  La France capitula et l’armistice fut signé, le 28 janvier 1871 (le traité de paix de Francfort du 19 mai 1871 obligea la France à abandonner l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne).

     

     

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg pendant le siège de Paris (L’Illustration européenne. 1870. n° 40, page 345)

    3 Le jardin du Luxembourg pendant le siège de Paris (L’Illustration européenne. 1870. n° 40, page 345).

     

     

    Pendant le siège de Paris, et jusqu’aux premiers jours de la Commune (26 mars 1871-28 mai 1871), des troupes de l’armée française, qui s’étaient repliées devant l’ennemi, établirent leurs bivouacs dans le jardin du Luxembourg. Le jardin n’étant fermé au public que lors des bombardements de l’ennemi, les soldats français y côtoyaient des promeneurs frigorifiés et affamés (pendant le siège de la capitale, les parisiens mangèrent leurs chiens et leurs chats ainsi que l’un des éléphants du jardin d’acclimatation !).

     

    Partant de là, j’ai pu réunir plusieurs gravures, stéréoscopies et photographies de l’occupation du jardin du Luxembourg par les soldats de l’armée française. Je vous les laisse découvrir, en limitant au maximum mes commentaires universitaires savants (syn. rasoir, ennuyeux, embêtant, chiant, relou, gonflant, dans le langage basochien de la zone).

     

     

     

     

     

    Siège de Paris 1870. Croquis du jardin du Luxembourg 

                      4 Siège de Paris 1870. Croquis du jardin du Luxembourg.

     

     

     

     

     

     

     

    Bivouac de troupes dans le jardin du Luxembourg, le 9 mai 1870. 

               5 Bivouac de troupes dans le jardin du Luxembourg, le 9 mai 1870.

     

     

     

     

     

     

     

    Les malades des ambulances annexes du Luxembourg sont transportés au Val-de-Grâce par les habitants du quartier (gravure sur bois datée 1872)

    6 Les malades des ambulances annexes du Luxembourg sont transportés au Val-de-Grâce par les habitants du quartier (gravure sur bois datée 1872).

     

     

       Du 5 au 19 janvier 1871, Paris assiégé par les troupes prussiennes fut  bombardé par ces dernières. De nombreux obus tombèrent sur le Palais du Luxembourg et son jardin fermé pour raison de sécurité.  

     

     

     

     

     

     

     

    Commune de Paris 1871. Jardin du Luxembourg. Cavalerie Versaillaise

        7 Commune de Paris 1871. Jardin du Luxembourg. Cavalerie Versaillaise.

     

     

     

     

     

     

    Guerre de 1870. Jardin du Luxembourg (image extraite d’une vue stéréoscopique de l’époque)

    8 Guerre de 1870. Jardin du Luxembourg (image extraite d’une vue stéréoscopique de l’époque).

     

    La stéréoscopie, créée en 1832, un peu avant la photographie, est un procédé de restitution de la vision en relief au moyen de deux capteurs optiques prenant une scène identique à partir de deux points de vue légèrement distants. Une visionneuse, composée de  deux lentilles prismatiques insérées dans une visière, et d’un support en bois pour tenir la carte, permettait ensuite de restituer une seule image avec une impression de relief.

     

     

     

     

     

     

    La grande allée du jardin du Luxembourg. Batterie d'artillerie de la garde nationale. mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris)

    9 La grande allée du jardin du Luxembourg. Batterie d'artillerie de la garde nationale. Mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris).

     

     

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg occupé par l'armée. Mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris)

    10 Le jardin du Luxembourg occupé par l'armée. Mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris).

     

     

     

     

     

     

     

    Le jardin du Luxembourg occupé par l'armée. mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris).

     

    11 Le jardin du Luxembourg occupé par l'armée. mars 1871 (vue stéréoscopique d'Hippolyte Blancard. 1843-1924. Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris).

     


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    Jules K. Hervé (1887-1981). Le grand bassin du Jardin du Luxembourg et le Palais du Sénat

    1. Jules K. Hervé (1887-1981). Le grand bassin du Jardin du Luxembourg et le Palais du Sénat.

     

     

    Le jardin du Luxembourg se trouve tout près du Paradis, avec son petit monde de promeneurs paisibles, de lecteurs taciturnes, d’étudiants des facultés voisines en train de rêver, de flirter ou de potasser leurs examens, de joueurs d’échecs ou de tennis, de commères et de compères, et d’enfants aussi beaux que leurs bateaux, leurs poneys et leurs ballons.

     

    Aussi ai-je longtemps hésité à joindre à ma longue ballade dans ce jardin merveilleux du Quartier Latin des images anciennes illustrant des événements tragiques.

     

    « M’enfin ! » aurait dit Gaston Lagafe dans son journal de Spirou en présence d’un tel choix cornélien.

     

    Voici donc plusieurs posts (envois ou pages en ancien français) consacrés à des événements dramatiques dont les statues de nos reines et dames de France de la terrasse bordant le grand bassin furent témoins. Mais, rassurez-vous, ils seront suivis d’autres posts illustrant, de nouveau, la magie du Luco avec les cris de joie, les rires ou les larmes de nos p’tits poulbots.  

     

    Aujourd’hui, un premier drame au jardin du Luxembourg, en 1909,  qui fort heureusement se termina bien.

     

    Dans quelques jours, le jardin du Luxembourg en état de guerre en quatre scènes : le siège de Paris par l’armée prussienne en 1870-1871 ; le massacre des Fédérés par l’armée régulière de Versailles en 1871 ; les années 1914-1918 ; et les années 1940-1944.

     

    Et pour conclure cette triste série, le monument inauguré dans le jardin du Luxembourg, le 29 avril 1956, en hommage à nos lycéens et étudiants morts pour faits de résistance pendant l’occupation allemande.

     

     

     

    Un drame au jardin du Luxembourg (1909)

    2. Un drame au jardin du Luxembourg (Le petit journal. Supplément illustré. 11 juillet 1909). 

              

              UN DRAME AU JARDIN DU LUXEMBOURG 

     

    Un fou tire des coups de revolver sur une fillette.

         L'un de ces derniers jours, les mamans qui surveillaient en souriant les ébats joyeux de leurs enfants à travers les paisibles allées du jardin du Luxembourg, ont eu un instant de poignante émotion.


        Tandis qu'une jolie fillette de sept ans jouait au ballon avec sa gouvernante, un homme, correctement vêtu, s'approcha doucement et, tirant un revolver de sa poche, fit feu par trois fois sur l'enfant. Celle-ci, heureusement, ne fut pas atteinte. Tandis que sa gouvernante, épouvantée, l'entraînait hors du jardin, des passants arrêtaient le meurtrier. Celui-ci, conduit au commissariat, fut fouillé. On trouva sur lui une lettre incohérente, dans laquelle il y avait cette phrase : « Je tue les enfants français dans les jardins. »

     

      Après un laborieux interrogatoire, on parvint à fixer l'identité du déséquilibré. C'est un Arménien nommé Avenio Toumaeff. Il a déclaré que s'il voulait tuer des enfants français, c'était pour évoquer aux yeux des mères françaises le spectacle des scènes sanglantes qui récemment encore se sont déroulées sous les yeux des mères arméniennes, dont les familles étaient massacrées par les Turcs. Singulière façon de solliciter la pitié des mères que celle qui consiste à tuer leurs enfants ! Toumaeff va être examiné par des médecins aliénistes (Le Petit Journal Illustré. 11 juillet 1909).

     


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    Job étudiant à la Bibliothèque Universitaire de Droit

    « Le Livre de Droit est fort instructif » (Dictionnaire de l’Académie française, 8ème édition).

     

     

    Nous cherchons un assistant bibliothécaire (H/F) en charge des documents en Droit, de formation supérieure de type Bac + 7 minimum, disponible après la fermeture au public, chaque soir de 22 h à 24 h.

     

     


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