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    Amédée Jullien : licencié en Droit, notaire et artiste peintre

    1 – Je crois que j’aurais dû être artiste peintre. Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup dessiner ! (image extraite du journal Le Rire du 24 avril 1897. En free access sur gallica.bnf.fr.).

     

     

         « Le droit mène à tout… » (avocature, magistrature, notariat, police, concours de la fonction publique, assurance, banque, etc.). Cette expression familière, véritable dicton universitaire, est parfois complétée des mots : «… à condition d’en sortir ». Des artistes peintres et des dessinateurs qui, dans leurs jeunes années, ont fait leur Droit et parfois commencé une vie de juriste ne peuvent renier cet ajout.

     

          C’est ainsi que j’ai déjà consacré des « études » dans la rubrique  « Photothèque » de ce blog à deux de nos plus grands peintres qui avaient délaissé leurs notes d’étudiant en Droit ou leur robe d’avocat pour la toile et le pinceau : Edgar Degas et Pierre Bonnard.

     

         Dans les mois à venir, je publierai dans la rubrique « Droit artistique » les dessins des Gens de Justice d’Honoré Daumier. Il avait été embauché en 1820, à l’âge de douze ans, comme saute-ruisseau dans une étude d’huissier de justice. Surnommé affectueusement Norin (diminutif d’Honoré-Victorin), il avait alors pu observer les divers Gens de justice, y compris au Palais où il remettait des placets.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : licencié en Droit, notaire et artiste peintre

    2. Maître Amédée Jullien, notaire à Tannay et artiste peintre (dessin de Ach. Sirouy, in Emile Hervet, Amédée Julien, sa vie et ses œuvres, 1890. Ouvrage en free access sur gallica.bnf.fr.).

     

         Mais pour l’heure, je vous propose de rejoindre Amédée Jullien (1819-1887), à ne pas confondre avec un autre artiste peintre plus célèbre, du moins autrefois, Amédée Julien Marcel-Clément (1873-19..). 

     

           Amédée Jullien est né le 30 novembre 1819 à Clamecy dans le département de la Nièvre. Son père était alors avoué dans cette ville, et il y devint plus tard juge d’instruction. Sur les conseils de son père, qui souhait qu’il devienne notaire, Amédée Jullien fit ses études de Droit à Paris où il obtint sa licence, et exerça plusieurs charges de clerc dans des études de notaires et d'avoués (sixième clerc chez maître Thifaine-Desouneaux ; troisième clerc, en 1847, rue Saint-André des Arts). Puis, il s’installa comme notaire à Tannay, près de Clamecy, dans un office que lui avait acheté son père.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Crépuscule

                                            3. Amédée Jullien : Crépuscule

     

     

         Il put alors y poursuivre, parallèlement à sa charge de notaire, la passion pour la peinture et la gravure, passion qu’il avait acquise à Paris où il avait pris des cours de peinture dans l’atelier de Jean-Charles-Joseph Rémond, et exposé des tableaux aux Salons de 1841, 1842 et 1848.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Cour de ferme

                                    4. Amédée Jullien : Cour de ferme 

        

    C’est ainsi qu’il envoya au salon de Paris, en 1852, un tableau représentant les Environs de Lormes, et publia un album de gravures en 1856.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Paysage du nivernais

                            5. Amédée Jullien : Paysage du nivernais

       

    En 1861, Amédée Jullien vendit son étude de notaire de Tannay où il était en concurrence avec une autre étude dans ce bourg d’un millier d’habitants, et il retourna à Paris. Il y exerça des fonctions d’administrateur à la Caisse d’épargne et de censeur dans une société d’assurances, tout en poursuivant sa passion pour la peinture, exposant ses œuvres, chaque année, au Salon, de 1863 à 1881.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Paysage de campagne

                                6. Amédée Jullien : Paysage de campagne

     

        

         En 1876, Amédée Jullien revint dans la Nièvre, et fut nommé directeur du musée de Clamecy auquel il offrit plusieurs de ses tableaux.

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Solitude

                                            7. Amédée Jullien : Solitude

     

     

     

     

    Amédée Jullien (gravure d. 1880)

                                     8. Amédée Jullien (gravure d. 1880)

     

     

     

     

    Amédée Jullien : La Forêt

                                                9. Amédée Jullien : La Forêt

     

     

     

     

    Amédée Jullien : Le Soir (gravure d. 1887)

                              10. Amédée Jullien : Le Soir (gravure d. 1887)


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    L'étudiant, le notaire et l'avocat, par Paul Gavarni (1804-1866)

                              1 L'étudiant en droit. Dessin de Paul Gavarni (1804-1866), dans la nouvelle intitulée L'étudiant en droit, de M. E. de la Béllodière (Les Français peints par eux-mêmes, tome premier, page 17, dessin de Gavarni, gravure de Lavieille, 1840, Paris, J. Philippart, libraire-éditeur).

     

     

     

    « Si l'on nous demande à quels signes extérieurs on peut reconnaître l'étudiant en droit, nous répondrons qu'il ne s'habille pas à la dernière mode, mais qu'il crée une mode tout exprès pour lui.

    Il laisse volontiers croître ses cheveux et sa barbe, quand il en a, afin, dit-il, de ne pas ressembler à un épicier; mais avant de se présenter devant les examinateurs, il a soin de faire disparaître ces attributs anarchiques. Il ressemble par la coiffure à un membre du club des Jacobins, et par la royale à un seigneur de la cour de Louis XIII.

    On l'a vu jadis se glorifier d'un chapeau gris et d'un gilet rouge à la Robespierre. Aujourd'hui, qu'il soit ou non du Béarn, il adopte le béret et la ceinture rouge, parce qu'il trouve à ce costume une couleur locale.

    Une pipe colossale est l'accessoire obligé de l'étudiant; fumeur intrépide, il parfume les passants des bouffées nauséabondes du tabac de la régie. La tête de sa pipe, plus ou moins culottée, offre l'image d'un Turc, de Henri IV, de Robert Macaire de François ler, de Saint-Just, etc. Son cœur bondit de joie lorsqu'il parvient à se procurer une chibouque algérienne ou un houka indien, et, qu'étendu sur son canapé garni en velours d'Utrecht rouge, il se donne une tournure orientale »  (L’étudiant en droit, par M.E. de la Bédollierre. in l’ouvrage collectif : Les Français peints par eux-mêmes, T. 1, p. 19).

     

     

     

    L'étudiant, le notaire et l'avocat, par Paul Gavarni (1804-1866)

                                     2 Le notaire. Honoré de Balzac, La Comédie humaine, 1840,                                               illustrations de Gavarni et Gagniet

     

     

     

     

     

    L'étudiant, le notaire et l'avocat, par Paul Gavarni (1804-1866)

                    3 L'avocat. Dessin de Gavarni, de l'ouvrage collectif : Les Français peints par eux-mêmes, La Cour d'assises par Timon (Tome premier, page 28, 1840, Paris, J. Philippart, libraire-éditeur).


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    Le juge. Figurine en résine de Guillermo Forchino

                                                           Le juge. Figurine en résine de Guillermo Forchino


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    L’avocate. Figurine en résine de Guillermo Forchino.

                    2. L’avocate. Figurine en résine de Guillermo Forchino.


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     L’avocat. Figurine en résine de Guillermo Forchino

          1. L’avocat. Figurine en résine de Guillermo Forchino (circa 1980).

     

     

    Les rencontres des Beaux-Arts et du Droit ne sont pas limitées aux temps passés. Elles peuvent être de notre temps comme le montre la série de figurines humoristiques que Guillermo Forchino a consacrée aux gens de justice.

     

    Cet artiste contemporain, né en 1952 en Argentine et aujourd’hui installé à Paris où il avait étudié la Restauration et la Conservation des œuvres d’Art à l’Université de Paris-Sorbonne, a commencé dans les années 1980 à sculpter des figurines en résine polyuréthanne « avec humour et finesse et en leur conférant une âme. » (Guillermo Forchino).

     

    Pour aujourd’hui, voici, empruntée à la série des gens de justice, la première figurine réalisée par Guillermo Forchino : l’avocat (the lawyer), dont l’originale et les répliques numérotées sont recherchées dans le monde entier par les amateurs éclairés.

     

    On ajoutera que, à la manière des prosateurs employés par les éditeurs de séries comiques de cartes postales de la Belle Époque, Guillermo Forchino est également l’auteur d’un court texte accompagnant cette figurine, emprunté semble-t-il à un événement réel vécu par un célèbre avocat argentin Mario Laus. En voici l’essentiel :

    Cet avocat avait la tâche délicate de persuader le tribunal de l’innocence de son client accusé d’une attaque à main armée et du vol de deux poules et de six œufs. Or plusieurs témoins l’avaient reconnu, des centaines de plumes avaient été retrouvées à son domicile, ainsi qu’une casserole pleine d’os de poulet et une poêle avec des restes d’une omelette !  

    Au terme d’une éloquente plaidoirie, l’avocat persuada le tribunal de l'innocence de son client : le vrai coupable étant la société. L'accusé fut libéré sur le champ sous les applaudissements du public criant "encore, encore". L’avocat revint plusieurs fois dans la salle d’audience pour saluer « son » public.


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