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    Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension : circulaire n° 2017-077 du 24 04 2017 (BOEN n° 17 du 27 avril 2017)

     

    La circulaire n° 2017-077 du 24 04 2017, publiée au Bulletin officiel de l'éducation nationale du jeudi 27 avril 2017, entérine la pratique du tirage au sort des étudiants, en dernier recours, dans les filières en tension, à savoir le droit, la psychologie, les sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) et la première année commune aux études de santé (Paces).  

     

    Dans le silence du texte, deux techniques sont d’ores et déjà envisagées par les universités : d’une part, celle manuelle du tirage des cartes d'étudiants (1), d’autre part, celle mécanique au moyen d’un appareil servant au brassage des numéros des impétrants (2). A l’issue du tirage au sort, l’ensemble des étudiants candidats devrait recevoir une carte souvenir (3).

     

     

     

    Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension

                      1. Les tireuses au sort des cartes d'étudiants

     

     

     

     

     

    Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension

      2. L'appareil servant au brassage des demandes d'inscription des étudiants

     

     

     

     

     

    Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension

                  3. Carte souvenir du tirage au sort de la classe 2017

     

     

    Circulaire n° 2017-077 du 24 04 2017 (BOEN n° 17 du 27 avril 2017) :

     

    La présente circulaire définit les règles et les procédures d'admission en première année de licence ou en première année commune aux études de santé, lorsque les candidats sollicitent une pré-inscription via le portail Admission Post-Bac.

     

    Le deuxième alinéa de l'article L. 612-3 du code de l'éducation dispose que tout candidat « doit pouvoir, s'il le désire, être inscrit en fonction des formations existantes lors de cette inscription dans un établissement ayant son siège dans le ressort de l'académie où il a obtenu le baccalauréat ou son équivalent ou dans l'académie où est située sa résidence. Lorsque l'effectif des candidatures excède les capacités d'accueil d'un établissement, constatées par l'autorité administrative, les inscriptions sont prononcées, après avis du président de cet établissement, par le recteur chancelier, selon la réglementation établie par le ministre chargé de l'enseignement supérieur, en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des préférences exprimées par celui-ci. »

     

    Pour l'application de cette disposition, lorsque le total des candidats ayant obtenu le baccalauréat ou résidant dans une académie donnée excède les capacités d'accueil d'une formation de première année de licence ou de première année commune aux études de santé définies par le président de l'établissement ayant son siège dans le ressort de cette académie, il est procédé à un classement des candidats à cette formation selon les critères suivants appréciés dans l'ordre de leur énumération :

     

    Sont tout d'abord classés les candidats résidant ou ayant obtenu le baccalauréat ou son équivalent dans l'académie du siège ou du site de l'établissement proposant la formation en première année de licence ou en première année commune aux études de santé.

     

    1 - Ces candidats sont classés selon la priorité qu'ils ont accordée à cette formation parmi l'ensemble des vœux de première année de licence ou de première année commune aux études de santé qu'ils ont formulés lors de la procédure de pré-inscription. Sont ainsi classés premiers  ceux qui ont placé cette formation en tête de leurs choix de formation de licence ou de première année commune aux études de santé, en second ceux qui l'ont placé en deuxième position et ainsi de suite.

     

    2 - Pour départager les candidats ayant obtenu le même classement à l'issue de cette première phase, il est procédé à un second classement de ceux-ci,  en fonction de la priorité qu'ils ont accordée à cette formation parmi l'ensemble des vœux qu'ils ont formulés lors de la procédure de pré-inscription.

     

    3 - Si à l'issue de l'examen des deux précédents critères, il reste des candidats ayant le même rang de classement, une priorité est accordée à ceux d'entre eux qui sont mariés, ont conclu un pacte civil de solidarité, vivent en concubinage, ou ont une ou plusieurs personnes à charge.

     

    Il est ensuite procédé au classement des candidats ne résidant pas et n'ayant pas obtenu le baccalauréat ou son équivalent dans l'académie du siège ou du site de l'établissement proposant la formation en première année de licence ou en première année commune aux études de santé selon les mêmes critères appréciés dans le même ordre.

     

    Si à l'issue du classement établi par application des critères mentionnés ci-dessus, il est nécessaire, compte-tenu de la capacité d'accueil dans la formation de l'établissement considéré, d'arrêter un choix entre des candidats ayant un même ordre de priorité, il est recouru à un tirage au sort entre ceux-ci.

     

    L'inscription des candidats est prononcée, dans l'ordre du classement établi ci-dessus, à hauteur des capacités d'accueil définies pour ces formations.

     

    Pour la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche
    et par délégation,

     

    Le chargé des fonctions de directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle par intérim, Frédéric Forest. 

     

    Frédéric Forest. 


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    APB fait un bide : 90 000 étudiants en souffrance

    Tirage au sort estival par un président d’université d’étudiants dans une filière en tension

     

     

    Près de 90 000 jeunes bacheliers, dont certains avec mention Bien ou Très Bien, ont appris, vendredi 14 juillet, qu’ils étaient toujours sans affectation pour la prochaine rentrée universitaire de septembre dans les licences auxquelles ils avaient candidaté via le portail national d’admission post-bac, dit APB. Ces bacheliers ont échoué aux deux premiers tirages au sort pratiqués par plusieurs universités (voir mon article : Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension).

     

     

    Aussitôt, la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur dont nul ne connaissait le nom (Frédérique Vidal) a pris la parole pour s’engager à mettre à la corbeille, en 2018, cette procédure du tirage au sort. Personne ne lui avait dit que la pratique du tirage au sort des étudiants, en dernier recours, dans les filières en tension, venait tout juste d’être entérinée par la circulaire n° 2017-077 du 24 04 2017, publiée au Bulletin officiel de l'éducation nationale, le jeudi 27 avril 2017, héroïquement signée, par délégation du ministre de l’Education nationale, par le chargé des fonctions de directeur général de l’enseignement supérieur « par intérim. » (http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=115792).

     

     Mais rassurez-vous, bonnes gens, ce lundi 17 juillet 2017, les syndicats étudiants bien en cours, les présidents d’université non encore partis en vacances, des parents d'élèves et des représentants du ministère non identifiables se réunissent « pour échanger des vues au sujet de la question des modalités d’entrée en faculté », étant exclu le seul remède efficace susceptible de fâcher les électeurs : la sélection des candidats par les universités.

     

    En attendant, le communiqué officiel de cette réunion estivale, voici, chers lecteurs inconnus, un court extrait de mon article « Dieu et Dieu font Droit », paru aux Petites Affiches du 8 juin dernier (Petites affiches, Gazette du Palais, La loi, Le Quotidien juridique, n° 114 du 8 juin 2017, p. 8 à 14. Les enseignants, étudiants et personnels administratifs d’universités peuvent consulter cet article sur Lextenso grâce à leur numéro d’authentification en se connectant au site de leur bibliothèque universitaire. Il en est de même des professionnels du droit abonnés à l’une des bases juridiques de Lextenso. https://www.lextenso.fr/).

     

     

    J’y raconte les mésaventures d’Allegro Moderato, jeune bachelier ES, notamment confronté au choix d’une formation et d’une université (NDRL : Je suis désolé mais, lorsque j’ai rédigé dans le courant de l’année cette comédie du droit, je n’avais pas imaginé une seule seconde qu’un bachelier avec mention Très Bien puisse être écarté de l’ensemble des universités où il avait candidaté dans la filière de son choix en application du programme informatique APB. D’ailleurs, personne ne m’aurait cru !).

     

         - Le choix d’une vie. Invité à faire ses vœux d’études supérieures sur la plateforme en ligne APB à laquelle « on y comprend pas grand’chose » (www.admission-postbac.fr/), parmi les 12 000 formations proposées, Allegro Moderato, s’était subitement posé la question de sa vocation. Fauché comme les blés, il ne pouvait intégrer les grandes ou les petites-grandes écoles de la Place à honoraires libres. Nul en math, il devait renoncer à l’appel de la vie micro ou macro économique des facs d’éco. Quant à socio ou  psycho, il aurait dû souffrir des moqueries de son entourage. Bien sûr, il y avait l’UFR de sports, rebaptisée STAPS ou « Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives », mais il préférait regarder le sport à la télé. Aussi avait-il choisi de s’inscrire dans une fac de droit à tarif réglementaire pour devenir avocat afin de défendre l’infortune puis, l’âge venant, conseiller la fortune et obtenir un mandat de député.

     

           - Grande ou petite fac ? Habitant en banlieue, Allegro Moderato ne pouvait s’inscrire dans les grandes facs du quartier latin qui se disputaient le label Panthéon. Il devait intégrer l’une des facs de la zone de Paris, construites en catastrophe entre les années sixties et les années nonante. Il opéra un minutieux classement entre elles à l’aide des fiches horaires SNCF, RER et RATP, et des avis d’étudiants donnés sur les réseaux sociaux d’universités (« Dzolé, j'y vais un peu fort, mais cette fac en ruine c’est le chaos et une insulte à l’intelligence » ; « Ben alors y a personne pour répondre svp ? » ; « Fil fermé par la modération »). C’est ainsi qu’il classa en premier une fac à RER ; en second une fac MTBus ; et ainsi de suite jusqu’à la fac à opinion mitigée la plus proche de chez lui, en quartier sensible. Après avoir saisi ses vœux sur le portail APB, il modifia son classement plus d’une vingtaine de fois en prenant soin de toujours classer en dernière place la fac tout près de chez lui. Puis il confirma solennellement ses vœux.

     

     

            « www.univbourse-lebonchoix.fr ». Une semaine avant le début des épreuves écrites de son bac, il reçut une proposition d’admission en « Licence Droit » dans l’université qu’il ne voulait pas réellement intégrer, selon les critères utilisés par l’algorithme baroque d’APB pour départager les candidats trop nombreux pour les licences de droit dites « en tension » et remplir les facs en voie de développement. Bien qu’un peu dépité de ne pas avoir plu aux autres universités mieux cotées, il opta d’emblée pour la réponse 1 « Oui définitif », délaissant celle réservée aux lauréats souffrant d’un besoin inconscient de se rendre malheureux (2 : « Oui, mais »), et les deux dernières de la famille Ça va pas la tête ! (3 « Non, mais » ; 4 « Démission générale »). Puis il retourna aux résumés de ses fiches de révision du bac pour en surligner l’essentiel, tout en levant les mains au ciel : « Si tu existes Dieu, tu ne dois pas permettre que je sois collé !». C’est ainsi qu’il obtint son bac du premier coup, au grand étonnement de ses proches qui brûlèrent aussitôt un cierge à Saint Joseph de Cupertino, le très saint patron des examens des lycéens. Ce premier grade universitaire lui permit d’accéder à l’enseignement supérieur sous l’étiquette de « primo-arrivants de la période d’intégration du L1 » (il y a quelques années, ces mots collectifs, qui fleurent bon l’ère paléozoïque, étaient réservés aux écoliers nouvellement arrivés en France sans maîtrise suffisante de la langue française, ainsi qu’aux enfants du voyage, plus joliment appelés enfants voyageurs)…

     

     


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    L’Étudiant Pauvre et la Femme Sans Cœur

     

    "Il faut prendre l'argent chez les pauvres, ils sont plus nombreux que les riches" (Alphonse Allais). Lorsque j’ai appris que le gouvernement avait décidé pour redresser le pays et éponger la dette de réduire de 5 euros l’Aide Personnalisée au Logement (APL) de 800 000 étudiants, il m’est revenu en mémoire le titre d’un film de Georg Jacoby, sorti en 1936 : L’Étudiant Pauvre, adapté  de l’opérette de Carl Millocker. 

     

     

     

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    "Salaud de pauvres(réplique de Jean Gabin, en 1956, dans le film La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara, d'après un roman de Marcel Aymé).  Puis, j’ai pris connaissance de la diatribe d'une nouvelle députée, porte parole improvisée du groupe La République en Marche à Reculons, aux Sans-le-sou qui s’alarmaient de cette mesure : « Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros... Qu'est-ce que vous allez faire de votre vie ? ». J'ai aussitôt pensé au titre d'un autre film : celui de Léo Joannon, sorti en 1937, L’Homme Sans Cœur, avec Pierre Renoir et Marie Glory, tiré du roman d’Alfred Marchard.

     

     

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    APB ou l’histoire sans fin

     « Vous voyez, mon cher confrère, pour un recours en annulation et un recours en référé devant le tribunal, je demande aux néo-bacheliers sans affectation, hors frais de déplacement, de restaurant et de café, 2000 € HT, avec caution solidaire de leurs parents car ils peuvent être mauvais payeurs » (Dessin d'Honoré Daumier. Les Gens de Justice).

     

     

         Au 22 août de l’an 2017, 6 010 bacheliers n’avaient toujours pas trouvé d’affectation à l’université, ayant échoué à l'épreuve du tirage au sort des barrages de la Ligue Admission Post Bac, plus connue sous le sigle APB (voir notre page: Tirage au sort des étudiants dans les filières en tension). Nos ronds de cuire, à l’origine de l’algorithme baroque de la plate forme en ligne APB, se réjouissaient aussitôt en rappelant qu’au 19 juillet dernier ils étaient 65 000 candidats à n’avoir reçu aucune proposition à leur demande d’orientation, y compris des bacheliers reçus avec mention bien ou très bien (voir notre page: APB fait un bide : 90 000 étudiants en souffrance). La presse bien pensante rapportait que la situation de près de 59 000 bacheliers avait donc été réglée pendant les vacances estivales, oubliant de signaler que 11 000 d’entre eux, faute d’avoir trouvé un fonctionnaire humanoïde bipède pour répondre à leur détresse, avaient purement et simplement abandonné la procédure et rejoint le monde des sans emplois. De leur côté, des cabinets d’avocats ont déferlé avec agitation sur le marché des candidats malheureux en attente d’affectation, aussitôt relayés par la presse enthousiaste en mal d’événements médiatiques hors attentats et catastrophes naturelles.

     

     

     

     

    APB ou l’histoire sans fin

                                                                APB staf 2017

     

       Fort heureusement, à son retour de vacances, le responsable du staff de la plate forme APB a pris les choses en mains pour découvrir les causes de son dysfonctionnement.

     

     

     

     

    APB ou l’histoire sans fin

                               De l'inutilité de l'orthographe à l'université

     

      Sa copine de bureau lui a alors déclaré : « Te casse pas la tête, c’est à cause de l’augmentation de la génération des bacheliers ayant atteint l’âge de 17 ou 18 ans en 2017. Les stats sont connues de tous depuis des années. Mais le sup est trop fauché pour ouvrir des places dans nos universités et pas assez gonflé pour introduire la sélection à l'université. Il préfère spéculer sur les abandons des étudiants de L1 en cours d’année, reçus au bac avec plus de cinq fautes d'orthographes par ligne » (les écoliers du certificat d'études primaires étaient éliminés à partir de cinq fautes par dictée de vingt-cinq lignes).

     

     

     

     

    APB ou l’histoire sans fin

                         Nos jeunes aînés bénéficiaires de l’augmentation de la CSG.

     

       Pour aider à résoudre ce problème, le MEN (ministère de l’éducation nationale) a sollicité des résidents de la maison de retraite « Nos jeunes aînés », membres d’un atelier informatique animé par un étudiant bénéficiaire de la réduction mensuelle de 5 euros de son APL pour compenser celle de l’ISF (voir notre page: L’Étudiant Pauvre et la Femme Sans Cœur), et titulaire d’un contrat aidé, en voie de non renouvellement, parce que suspecté d'être superbement dispendieux et inutile à l'égard des mouflets, des malades, des handicapés, des pauvres et des vieux (Fin des contrats aidés : les Restos du Coeur ne pourront plus distribuer de repas chauds à Grenoble "dès lundi").

        À cette occasion, Madame Germaine a déclaré : « Sur cette plate forme, il faudrait rendre l’accueil plus convivial avec une chanson de Berthe Sylva ». Monsieur Charles Henri lui a répondu : « Il faudrait surtout supprimer la page fesse book d’APB, car c’est contraire à la pudeur ». Et Madame Lucille de conclure : « Je vous quitte car j’ai un important tricot à terminer. »

     

     

     

     

    APB ou l’histoire sans fin du P'tit Bosco

                                                               

                ♪ Berthe Sylva: Le P'tit Boscot  

     

     

    Après trois ans d'un dur apprentissage
    le p'tit Julot devient un ouvrier
    il a quinze ans et du coeur à l'ouvrage
    et tout le jour il peine à l'atelier
    mais la nature envers lui peu clémente
    l'a fait bossu contre-fait disgracié
    les camarades constamment le tourmente
    c'est le jouet de tous les ouvriers
    "eh! p'tit boscot c'est-y qu'ta mère
    aurait eu peur d'un dromadaire
    pour te coller cette bosse sur l'dos
    ah laisse m'y toucher quoi j'gagnerai le gros lot"

    Dans ses grands yeux tout remplis de tristesse
    on voit perler des larmes de chagrin
    en se cachant Le P'tit Boscot s'empresse
    de s'essuyer du revers de la main
    qu'ai-je donc fait pour que chacun me raille
    je sais pourtant qu'ils ne sont pas méchants
    mais c'est mon sort il faut vaille que vaille
    subir les mots les plus désobligeants

    C'est aujourd'hui dimanche et jour de fête
    Le P'tit Boscot se promène à pas lents
    une fleuriste il hésite s'arrête
    et fait le choix d'un bouquet d'oeillets blancs
    puis il s'en va portant sa blanche gerbe
    mais il rencontre un groupe d'ouvriers
    tiens dit l'un d'eux le Boscot il est superbe
    mais ma parole il va se marier
    "hé! présente-nous donc ta gosse
    elle doit avoir aussi une bosse
    un oeil de verre un faux menton
    donne donc ces fleurs, espèce d'avorton"

    Dans ses grands yeux tout remplis de souffrance
    on voit perler des larmes de dépit
    et brusquement Le P'tit Boscot s'élance
    pour s'emparer des fluers qu'on lui ravit
    pâle et tremblant d'un geste de colère
    il ressaisit deux oeillets tout meurtris
    et les cachant sous sa veste légère
    d'un pas pressé tristement il s'enfuit

    Il n'est pas bon quand il est en colère
    suivons-le donc nous allons rire un brin
    le p'tit Bosco les mène hors la barrière
    sans s'inquiéter il poursuit son chemin
    voici Pantin et son vieux cimetière
    le p'tit Bosco pénètre lentement
    les ouvriers génés suivent derrière
    saisis soudain d'un noir pressentiment
    "là devant une croix de pierre
    Le P'tit Boscot est en prière
    on voit sur l'humble monument
    ces mots " à ma chère maman"

    Dans ses grands yeux tout remplis de détresse
    on voit perler des larmes de douleur
    pieusement le p'tit Bosco se baisse
    pour déposer ses deux modestes fleurs
    d'un geste ému retirant leurs casquettes
    les ouvriers s'approchent doucement
    pardon petit vois-tu nous étions bêtes
    reprends tes fleurs pour ta chère maman.

     

     


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    PARCOURSUP : bonne chance pour le droit !

            « L’égalité est la première pièce de l’équité » (Michel de Montaigne, Essais, I., 87).

       

     

     

       1, 2, 3, partez !   Après le bide de la procédure d’APB qui se terminait par un tirage au sort des bacheliers sans piston (voir les trois premiers articles de cette rubrique), voici PARCOURSUP, la nouvelle plate forme d’admission dans l’enseignement supérieur, ouverte aujourd’hui, 15 janvier, à 11 heures (https://www.parcoursup.fr/).

     

       Le MEN (ministère de l’éducation nationale), n’ayant pas eu le courage d’introduire la sélection des candidats en surnombre ou d’augmenter les droits d’inscription, et étant trop fauché pour construire de nouvelles facs de droit, a mis en place un mode de recrutement largement fondé sur la chance. Concrètement, il appartient aux facultés de droit d'accepter d'inscrire certains futurs bacheliers et d'en refuser d'autres sans opérer un choix parmi eux, puisque le choix repose sur une sélection dont la pratique et le terme même sont désormais bannis par la ministre de l'Enseignement supérieur, Madame Frédérique Vidal.

     

     

     

     

    PARCOURSUP : bonne chance pour le droit !

                                                     « Je vous ai attendu, vous m’avez oubliée »

     

     

     

     

       Les attendus pour s’inscrire en droit. Tout au plus,  pour le droit, une des filières les plus demandées, chaque université doit répondre aux demandes d’inscription en fonction d’ « attendus » requis.

       C’est ainsi que le MEN demande aux lycéens, dont la matière n’est jamais enseignée au lycée, de faire preuve d’une « expression orale et écrite qui témoignent de qualités rédactionnelles et oratoires, à l’analyse et la synthèse de texte, à la logique », d’ « être ouverts au monde et disposer de compétences linguistiques », et d’avoir suivi un module « Découverte du droit ».

     

       Partant de cet amas de phrases incolores et amphigouriques, le MEN a invité les facultés de droit à affiner leurs besoins tout en s’abstenant de « sélectionner » les candidats trop nombreux pour les places dont elles disposent, y compris par tirage au sort. Les facultés de droit ont donc consigné dans le nouveau logiciel des critères pour « classer » les candidatures sans pour autant opérer une quelconque sélection (les attendus seront affichés sur le site PARCOURSUP à partir du 22 janvier 2018). 

     

     

     

     

    PARCOURSUP : bonne chance pour le droit !

                                                                                    

     

     

     

       La loi du silence. Quant au véritable mode opératoire abandonné aux facultés de droit, nul n’en sera jamais rien puisque, par nature, la chance, qu’elle soit bonne ou mauvaise, est secrète, ses conditions ne devant être dites à personne (« chance : façon d’advenir, suivant des conditions qui ne nous sont pas connues » Dictionnaire Le Littré).

     

     


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