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    Saint Yves, saint patron des gens de justice. Chromo

    1. Chromo d’Yves Hélory de Kermartin (1253-1303), saint patron des gens de justice. La chromo, diminutif de chromo-lithographie, désigne un procédé d’impression lithographique en couleur fondé sur la quadrichromie, combinaison des 3 couleurs primaires : le cyan, le magenta et le jaune, combinées au noir. La chromo a connu son apogée avec l’imagerie populaire au XIXème siècle.

     

    Gens de Justices : avocats, avoués, juges, greffiers, huissiers, notaires, clercs, Que sais-je encore ? Cette nouvelle rubrique d’images d’autrefois leur est consacrée. 

     

    Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

                                  2. Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

     

    Cependant l’inauguration de cette rubrique est réservée au plus humble des assistants des gens de justice, tombé dans l’oubli : le Petit-Clerc. Il s’agissait d’un jeune garçon employé auprès d’études de justice (procureurs, huissiers, notaires, etc.) ou de bureaux d’établissements divers (journaux, banques, assurances, etc.). Il était généralement chargé de faire des courses et de porter des lettres ou des colis. Pour ce faire, il devait sauter les innombrables caniveaux des rues, d’où son sobriquet « Saute-Ruisseau ». 

     

    Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

    3. Maître Derville, avoué près le tribunal de la Seine, et ses clercs (personnages du roman "Le Colonel Chabert" d'Honoré de Balzac). Dessin d'Alcide Théophile Robaudi (1850-1928).

     

    Honoré de Balzac nous le décrit dès la page 6 de la première version de son roman « Le Colonel Chabert », parue en 1832 : « Jeune clerc chargé des courses, dans une étude de notaire ou d'avoué. Le saute-ruisseau est généralement (...) un garçon de treize à quatorze ans, qui dans toutes les études se trouve sous la domination spéciale du principal clerc, dont les commissions et les billets doux l'occupent tout en allant porter des exploits chez les huissiers et les placets au palais. »

     

    Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

                                     4. Le petit-clerc de procureur devenu greluchon.

     

    Anatole France, dans son roman « Les Dieux ont soif », paru en 1912, y fait une allusion plaisante : « …l’amant d’Élodie était un petit clerc de procureur très joli garçon, chérubin saute-ruisseau, qu’elle avait adoré et dont le souvenir après trois ans lui donnait encore une chaleur dans le sein. Il recherchait les femmes riches etâgées : il quitta Élodie pour une dame expérimentée qui récompensait sesmérites. Entré, après la suppression des offices, à la mairie de Paris, il étaitmaintenant un dragon sans-culotte et le greluchon d’une ci-devant.» (le greluchon désignait l’amant de cœur d’une femme entretenue par un autre homme). 

     

    Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

                5. André Gide et Roger Martin du Gard à Pontigny en 1923

     

    Roger Martin du Gard, d’une famille de magistrats et d’avocats, évoque le saute-ruisseau d’un notaire dans Les Thibaud : « L’étude Beynaud occupait le premier étage d’un bel immeuble de la rue Tronchet. En toute autre circonstance, la gravité compacte de maître Beynaud, l’aspect du lieu, du mobilier, des clercs, l’atmosphère morne et poussiéreuse de cette nécropole de paperasses, lui eussent paru comiques. On le reçut avec certains égards. Il était le fils, l’héritier, du regretté M. Thibault ; sans doute aussi, un futur client. Du saute-ruisseau au patron, régnait un respect dévotieux pour la fortune acquise. On lui fit signer des papiers. Et, comme il semblait impatient d’avoir la disposition de ce gros capital, on chercha discrètement à savoir ce qu’il en comptait faire… » (Les Thibaud, Été 14, 1936, p. 381).

     

    Le Petit-Clerc, dit Saute-Ruisseau

                                  6. Un petit clerc de procureur (sous l’Ancien Régime, le procureur                                            représentait les plaideurs. Plus tard, il sera appelé avoué).                          

     


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    Le Petit-Clerc (dit Saute-Ruisseau), par Daumier

    7. Le Petit-Clerc (dit Saute-Ruisseau), par Daumier, série « Types Français », lithographie coloriée, 1835. « Le Petit-Clerc mange peu, court beaucoup, flâne davantage et revient le plus tard possible à l’étude où il est le souffre douleur. Il s’appelle ordinairement Pitou, Godard ou Galuchet. »

     

    Honoré Daumier (1808-1879) fut embauché en 1820, à l’âge de douze ans, comme saute-ruisseau dans une étude d’huissier. Surnommé affectueusement Norin (diminutif d’Honoré-Victorin), il put observer les divers gens de justice, y compris au Palais où il remettait des placets.

     

    Honoré Daumier par Nadar

                                        8. Honoré Daumier par Nadar

     

    De ses jeunes années de Petit-Clerc et, l’âge venant, de sa condamnation à six mois de prison ferme en raison d’une caricature représentant Louis-Philippe en Gargantua, Honoré Daumier conserva un regard pour le moins acerbe vis-à-vis des gens de justice. Nous pourrons bientôt le constater, dans cette même rubrique, avec plusieurs articles reproduisant l’intégralité de ses lithographies, qui ont paru dans « Le Charivari » du 21 mars 1845 au 31 octobre 1848, sous deux intitulés différents : « Les Gens de Justice », et « Les Avocats et les Plaideurs ».

     

     

    Petit-Clerc deviendra Grand-Artiste

                               9. Fernandel Saute-Ruisseau de Marseille

     

    Fernand Joseph Désiré Contandin, plus connu sous le nom de Fernandel, est né à Marseille en 1903. En 1915, son père étant mobilisé pour le front, il devint saute-ruisseau, pour 25 francs par mois : « Douze ans, haut comme trois pommes, la figure longue, pas beau, mais l’œil vif et les oreilles mobiles. C’est moi qui annonçais les clients. Je leur faisais de grandes grimaces dans le dos ».

     


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    Entrée du notaire et de ses deux petits clercs (chromo)

    10. Entrée du notaire et de ses deux petits clercs (chromo imprimerie lithographie Chauffard & Carre. Marseille).

     

     

    Le jeune clerc et les employés de l’étude du notaire Sauvage

    11. Le jeune clerc et les employés de l’étude du notaire Sauvage. Bernay (Eure), café du Grand Jardin, Boulevard Dubus.

     

     

    Henri Mathis, huissier de justice, ses clercs et son petit-clerc

                                    12. Henri Mathis, huissier de justice, ses clercs et son petit-clerc.

     

     

    Le jeune clerc de l’étude du notaire arabe

                         13 . Le jeune clerc de l’étude du notaire arabe (Tunis. CPA datée 1902).


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    Clerc de notaire : le métier où l’on serait le moins heureux !

    1 Une start-up notariale face aux Legaltech

     

     

    Actualité juridique en bémol. Le cabinet d’étude HappyAtWork vient de publier un classement des métiers où les salariés seraient les moins heureux. 18 questions avaient été posées à plus de 118 000 employés au cours des deux dernières années (Les 10 métiers où les salariés sont les moins heureux).

     

    Le métier de clerc de notaire arrive en première position avec seulement 10,3 % de satisfaction au travail, très loin devant ceux de chef de publicité (26,5 % de satisfaction) et d’agent de police (27,4 % de satisfaction).

     

    Je publierai bientôt dans la rubrique de ce blog, consacrée aux gens de justice, plusieurs pages illustrant les clercs d’études de notaires, d’huissiers et d’avoués en chromos, dessins, photographies et cartes postales anciennes. Ces pages suivront donc logiquement celles déjà en ligne consacrées aux plus humbles des employés de ces études : le petit-clerc dit « saute-ruisseau », comme le fut Honoré Daumier, en 1820, à l’âge de douze ans en 1820 (Petit-clerc dit Saute-ruisseau).

     

     

     

    Clerc de notaire : le métier où l’on serait le moins heureux !

    2 Page d’écriture d’un clerc de notaire en panne de clavier d’ordinateur


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    Le Panthéon et les étudiants en droit devenus notaires

     

    En me promenant à la recherche d’images et de cartes postales anciennes de la Faculté de droit de Paris, j’ai déniché cette carte datant des années 1900 intitulée : Le Panthéon-L’étudiant.  

     

     

     

    Le Panthéon et les étudiants en droit devenus notaires

     

    Plus encore, quelques temps après, j’ai trouvé cette même carte « enrichie » cette fois d’une légende, écrite à la main, sur le fronton du Panthéon : « Aux notaires, la patrie reconnaissante ».

     Le même auteur de ces lignes, sans doute un étudiant en droit devenu notaire, a écrit sur cette carte à l’attention de son correspondant, lui aussi semble-t-il un jeune notaire issu de la Faculté de Droit de la place du Panthéon, quatre autres choses :

    -          Réflexion, pénibles… ! Angoissante perplexité… !

    -          D’un côté : la Gloire ! De l’autre : le Néant ! Pourquoi en suis-je sorti ?

    -          Dire qu’un jour, tes cendres reposeront LÀ !

    -          Les miennes, Grands Dieux, quels vents les disperseront ?

     


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