• LXII. La Faculté de Droit sous l’Occupation: les Étudiants Juifs

     

     

    Chapitre LXII (ou 62). La Faculté de Droit de Paris sous l’Occupation (5/7) : les souffrances des Étudiants Juifs.

     

     

    Promulgation de la loi du 3 octobre 1940 du Statut des Juifs (Journal Le Matin, samedi 19 juin 1940).

    1. Promulgation de la loi du 3 octobre 1940 du Statut des Juifs (Journal Le Matin, samedi 19 juin 1940).

     

     

     « C’est l’immense drame de cette époque : personne ne sait rien des gens qui souffrent » (Journal d’Hélène Berr, une étudiante Juive de la Sorbonne en 1942, publié en 2008). Sous l’Occupation, les étudiants Juifs de la Faculté de Droit de Paris portaient l’étoile jaune pendant les cours et les examens. Ils furent recensés par une Commission de professeurs de Droit nommés par le Doyen Georges Ripert en vue d’en limiter le nombre. Et certains d’entre eux furent déportés à Auschwitz où ils furent gazés.

     

    La rareté ou l’inexistence de témoignages et de documents concernant ces vérités rend bien difficile la réponse aux deux questions qui reviennent sans cesse à l’esprit. La Faculté de Droit de Paris a-t-elle été trop zélée dans la mise en œuvre des mesures décidées par les gouvernements successifs de Vichy pour rendre impossible la vie aux Juifs étrangers puis français ? A-t-elle été sensible ou indifférente au drame vécu par ses étudiants Juifs ? Voici quelques éléments de réponse, illustrés d’images et de photographies anciennes (ICPA).

     

     

     

     

    Georges Ripert, Doyen de la Faculté de Droit de Paris, et ministre de l’Éducation nationale à Vichy

    2 « … Paris… Vichy… Paris… La fin justifie les Doyens ! » (Dessin caricatural représentant Georges Ripert, Doyen de la Faculté de Droit de Paris, et ministre de l’Éducation nationale à Vichy). 

     

    Des paroles… En 1933, Georges Ripert, professeur agrégé de Droit civil à la Faculté de Droit de Paris, demandait à ses étudiants d’accueillir avec bonté les étudiants Juifs, victimes des mesures antisémites de l’Allemagne nazie : « J'aime l'étudiant qui, sachant que les jeunes gens de son âge sont dans leur pays chassés de l'Université, à cause de leur race ou de leur religion, fait une place à côté de lui, sur son banc, au camarade qui n'est pas de sa religion ou de sa race. »

     

    … et des actes ! Sept années plus tard, à Vichy, le 1er octobre 1940, tout juste nommé secrétaire d’État à l’Instruction publique et à la Jeunesse dans le premier Gouvernement Laval (du 6 septembre au 13 décembre 1940), Georges Ripert participait au conseil des ministres au cours duquel le Maréchal Pétain prônait l’exclusion des Juifs dans les domaines de la Justice et de l’Enseignement.

     

    Quelques mois après, de retour à la Faculté de Droit de Paris, en qualité de Doyen de celle-ci, il appliquait avec promptitude et célérité deux textes de nature antisémite : 

     

    - D’une part, une circulaire ministérielle du 21 octobre 1940, qu’il avait lui-même signée en sa qualité de secrétaire d’État à l’Instruction publique et à la Jeunesse. Elle précisait les modalités de mise en œuvre, dans les écoles, les lycées et les universités, de l’exclusion des fonctionnaires considérés comme Juifs, prévue par la loi du 3 octobre 1940 sur le « premier » Statut des Juifs (cinq professeurs Juifs de la Faculté de Droit de Paris furent ainsi révoqués le 18 décembre 1940 : Albert Atfalion, Henri Isaac Lévy-Bruhl, René Cassin, William Oualid et Roger Picard).

     

    - D’autre part, la limitation du nombre d’étudiants Juifs, en application d’une loi du 21 juin 1941 « réglant les conditions d’admission des étudiants juifs dans les établissements d’enseignement supérieur. » (pour le régime de Vichy, les Juifs cherchaient à miner les valeurs patriotiques et morales de la nation française en s’infiltrant dans l’Université comme étudiants ou professeurs).

     

     

     

    La Faculté de Droit sous l’Occupation: les Étudiants Juifs

                              3 « En cas de doute, la parole est au silence ! » 

     

        « Le silence n’est point une contradiction » (Voltaire, Dict. phil. Contradictions). Au sein même de la Faculté de Droit de Paris, ces deux mesures, ajoutées à de nombreuses autres plus ou moins inspirées de la politique antisémite de l’Allemagne nazie (interdiction faite aux Juifs « en surnombre » d’exercer des professions libérales dont celle d’avocat; dépossession de leurs biens et commerces ; recensement obligatoire…), ont été vécues dans une certaine indifférence (le barreau et la magistrature, épurés de leurs avocats et juges Juifs, sortirent, eux-aussi, sans gloire de l’Occupation). 

     

    C’est ainsi que les Professeurs de Droit adoptaient deux sortes d’attitude à l’égard du nouveau statut des Juifs :

     

     

          Soit ils gardaient le silence comme le professeur de Droit civil Julliot de la Morandière qui en écarta l’étude au motif selon lequel la nouvelle législation raciale relevait exclusivement du champ du Droit public : « Quoi qu'il en soit, dans ce titre, nous ne nous occuperons que des qualités constitutives de l'état dans la famille, base essentielle de l'état civil des personnes (...) Le statut des Juifs appartient (...) à titre principal, au droit public, car il vise avant tout à interdire aux Juifs l'accès aux fonctions publiques » (Cours élémentaire de Droit civil de 1942, p. 123).

     

     

         Soit ils se contentaient d’intégrer dans leurs cours la législation affectant les Juifs en s’abstenant de la condamner, sans doute par crainte de représailles (en décembre 1940, Jules Basdevant, professeur de Droit des gens [Droit international], avait été sanctionné par le Doyen par intérim Gilbert Gidel, et le Recteur de l’Académie de Paris, Jérôme Carcopino, à la demande des autorité allemandes, « pour avoir prononcé dans son cours inaugural des paroles attentatoires aux droits de la Puissance occupante. »).

     

     

    Toutefois, quelques professeurs de Droit exprimèrent dans leurs cours publiés des réserves voilées qu’ils accentuèrent … dans les éditions d’après guerre :

     

       René Savatier (1922-1984) faisait ainsi état de la « dureté » du législateur qui prive les Juifs « de droits dont la chrétienté du Moyen Âge leur accordait le monopole », et d’une définition du Juif qui « laisse transparaître les difficultés auxquelles elles se heurtent en mêlant le critérium de la race à un critérium religieux. »

     

        Marcel Waline (1900-1982), agrégé à Paris en 1942, évoquait, quant à lui, un « sentiment de xénophobie. »

     

     

     

     

    Joseph Barthélémy, professeur de Droit à Paris et ministre de la Justice à Vichy

    4 Joseph Barthélémy, professeur de Droit à Paris et ministre de la Justice à Vichy. 

     

     

     

    Quant aux étudiants de la Faculté de Droit, beaucoup n’ont pas porté  d’attention au sort de leurs camarades Juifs (voire toutefois, ci après, la participation de plusieurs d'entre eux à la manifestation des étudiants de l'Université de Paris, au Quartier latin, contre le port de l'étoile jaune imposé aux étudiants juifs) :

     

     

    - Ceux partisans avoués du nouveau régime de l’État français se préoccupaient surtout d’obtenir une place pour participer à la délégation de la zone occupée chargée de rendre hommage au Maréchal Pétain, à Vichy, en mars 1942 (leurs demandes de participation dépassèrent amplement les dix places octroyées par le Rectorat de l’Académie de Paris à la Faculté de Droit).

     

     

    - Ceux opposés au régime de Vichy et à l’Occupant nazi limitaient leurs attaques à quelques professeurs. Par exemple, en 1941, Joseph Barthélémy, professeur de Droit constitutionnel, et ministre de la Justice à Vichy du 27 janvier 1941 au 26 mars 1943, fut agressé à plusieurs reprises dans la Faculté de Droit par des étudiants aux cris de « vendu, assassin ». Il fut même mis au coin de sa salle de cours avec une croix gammée dessinée dans le dos !

     

     

    - Enfin des étudiants d’extrême droite pouvaient peut-être apprécier l’exclusion des professeurs Juifs de la Faculté de Droit depuis le 18 décembre 1940.

     

    Sans doute se remémoraient-ils encore l’année 1909 où leurs aînés, membres de l’Action française héritière des Camelots du roi, avaient réussi à faire mettre en retraite anticipée Charles Lyon-Caen (1843-1935), le premier Professeur et Doyen de confession juive de la Faculté de Droit de Paris, au demeurant lâché par la plupart de ses collègues (voir le chapitre L, ou 50 : Manifestations des étudiants en Droit de Paris entre 1909 et 1912). 

     

    Ou encore l’année 1936 au cours de laquelle des Camelots du roi et des ligueurs de l’Action française, fidèles aux consignes de Charles Maurras dans le journal L’Action française, tentèrent d’abattre physiquement, au Quartier latin, Léon Blum, un ancien étudiant Juif de la Faculté de Droit de Paris (licencié en Droit en 1894), codirigeant de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), et futur chef du Gouvernement du Front populaire. 

     

     

     

     

    L’enfermement de 8160 Juifs au Vélodrome d’hiver de Paris, les 16 et 17 juillet 1942

    5 L’enfermement de 8160 Juifs au Vélodrome d’hiver de Paris, les 16 et 17 juillet 1942.

     

    « Les professeurs se contentaient de refermer leurs codes, de ranger leurs notes de cours et de rentrer chez eux, quand nos yeux les appelaient au secours. » (Complainte d’un étudiant en Droit à l’étoile de David). Pourquoi un tel silence de la Faculté de Droit de Paris concernant le sort de ses étudiants Juifs ?

     

     

        Certes, les liens entre les personnes susceptibles d’appeler à l’assistance à l’égard d’autrui sont toujours moindres entre des milliers d’étudiants d’une Faculté (14803 étudiants en Droit à Paris en 1942/1943), qu’entre quelques dizaines ou centaines d’élèves de lycées ou d’écoles supérieures.

     

     

         Mais il convenait surtout de ne pas prendre à rebrousse-poil la population de la Faculté de Droit, issue en grande partie de la bourgeoisie conservatrice dont l’antisémitisme et la xénophobie s’étaient  amplement exprimés avec l’affaire Dreyfus (un capitaine d’origine juive accusé en 1894 d’avoir communiqué des documents militaires secrets à l’Empire allemand).

     

     

     Par ailleurs, sous l’Occupation, la Résistance et nos grands écrivains (André Gide, François Mauriac…), ne se sont pas particulièrement distingués par leur prise de position quant au drame vécu par les Juifs, y compris lorsque ceux-ci, en 1942, furent arrêtés par la police parisienne, parqués au « Vélodrome d’hiver », dans le XVème arrondissement, internés dans les camps français de Pithiviers, Beaune-la-Rolande ou Drancy, puis déportés à Auschwitz, avec leurs jeunes enfants sans grand espoir de retour (15152 Juifs arrêtés dont 4115 enfants. Moins d’une centaine d’adultes et aucun des enfants ne revinrent des camps de la mort). 

     

     

     

    Études offertes à Georges Ripert : Le droit français au milieu du XXème siècle (1950)

    6 Études offertes à Georges Ripert : Le droit français au milieu du XXème siècle (1950). 

     

     

    Liber amicorum (livre d’amis en latin). De manière plus étonnante, depuis la Libération, sauf erreur de ma part, la Faculté de Droit de Paris n’a rendu aucun hommage à ses jeunes étudiants Juifs victimes de l’Occupation (elle s’est aussi abstenue d’organiser, à la Libération, une cérémonie de réintégration de ses professeurs Juifs exclus en 1940).

     

     

    Elle a préféré encenser ses professeurs non Juifs, sous réserve qu’ils aient été anciens combattants de la Première Guerre mondiale (Jules Basdevant, Léon Julliot de la Morandière, André Giffard, Bertrand Nogaro, Julien Laferièrre, André Rouast, Henry Solus, Gilbert Gidel, Jean Escarra, Julien Laferièrre, Louis Hugueney, Pierre Petot, René Morel, Joseph Hamel…), résistants de la Seconde Guerre mondiale (Henri Mazeaud, Léon Julliot de la Morandière…), ou déportés non raciaux (Léon Mazeaud). 

     

     

    C’est ainsi que Georges Ripert, un temps mis en prison « pour haute trahison », après avoir bénéficié d’un non lieu pour des faits de résistance restés énigmatiques faute de transcription des actes de son procès, fut honoré par la plupart de ses collègues qui lui offrirent, à l’occasion de son départ en retraite, un livre d’amis (Le droit français au milieu du XXème siècle, 1950). La raison tient sans doute à la circonstance qu’il fut l’un des plus grands juristes de l’époque (toutefois, Henri Mazeaud, Résistant, et son frère jumeau Léon, Déporté non racial à Buchenwald, s’abstinrent de contribuer à ce livre d’amis).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Joseph Hamel (1889-1962), directeur du cabinet de Georges Ripert, à Vichy, Doyen de la Faculté de Droit de Paris en 1955

     

     7 Le Professeur Joseph Hamel (1889-1962), directeur du cabinet de Georges Ripert, à Vichy, Doyen de la Faculté de Droit de Paris en 1955 (illustration de Mme Favrot-Houllevigue, extraite de l’ouvrage Nos Maîtres de la Faculté de Droit de Paris. LGDJ, 1931. En libre accès sur gallica.bnf.fr.).

     

    Quant à Joseph Hamel, étudiant de la Faculté de Droit de Paris de 1906 à 1909, reçu premier au concours d’agrégation en novembre 1920, et nommé professeur à la Faculté de Droit de Paris en 1931, ses collègues lui rendirent également hommage en l’élisant, en 1955, aux fonctions de Doyen, alors même qu’il avait été, en 1940, à Vichy, directeur du cabinet de Georges Ripert dont il avait été l’un des plus brillants élèves.

     

    Cette fois, l’explication tient à que Joseph Hamel avait été d’un grand courage pendant la Première guerre mondiale (gravement blessé sur le front, en 1915, il avait obtenu à ce moment la Légion d’honneur, et quatre citations, échelonnées de novembre 1914 à Octobre 1918, avec ces mots de ses chefs : « Bravoure hors pair », « Ténacité à toute épreuve »…). De plus, la fidélité au Maréchal Pétain de nombre de Français, fussent-ils professeurs d’Universités, au lendemain de la défaite et de l’armistice, ne saurait se confondre avec une adhésion sans faille aux mesures antisémites que celui-ci fit adopter à Vichy. 

     

     

     

     

    La Faculté de Droit sous l’Occupation: les Étudiants Juifs

    8  « Dans un commissariat de police, c’est un défilé ininterrompu de Juifs qui viennent retirer l’étoile jaune qu’ils devront tous porter incessamment » (Photo parue dans le journal Le Matin).

     

    Toujours est-il que l’une des premières mesures dont eurent à souffrir les étudiants Juifs de la Faculté de Droit de Paris fut celle interdisant aux Juifs de la zone occupée de paraître en public sans porter une étoile de couleur jaune, solidement cousue sur le côté gauche de la poitrine de leur vêtement, et portant le mot « Juif » (Huitième ordonnance allemande du 29 mai 1942, mise en œuvre le 7 juin 1942. 400 000 étoiles furent fabriquées pour environ 330 000 à 350 000 Juifs recensés en France sur une population de 42 millions d’habitants).

     

    Cette mesure était destinée à susciter des sentiments de honte et d’humiliation chez les Juifs, tout en inspirant leur rejet et leur dégoût de la part des non-Juifs (une loi du 11 décembre 1942 imposa encore sur l'ensemble du territoire, zone occupée et zone libre, l'inscription de la mention " Juif " sur les cartes d'identité et d'alimentation). Les Juifs de la zone occupée, qui refusaient de porter cette étoile, voire la dissimulaient, risquaient d’être dénoncés au Commissariat général aux Questions juives (CGQJ), le plus souvent de manière anonyme (les dossiers de la CGQJ conservés aux Archives nationales font état de 103 lettres de délation restées sans suite, et de 180 lettres de dénonciation ayant donné lieu à une enquête de sa direction policière). Lorsqu’ils étaient confondus, ils encouraient l’internement suivi de la déportation à Auschwitz.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lycéens et étudiants à l’étoile jaune en 1942

                                 9 Lycéens et étudiants à l’étoile jaune en 1942

     

    Les jeunes étudiants Juifs de l’Université de Paris et de ses Facultés durent donc, à compter du 7 juin 1942, porter l’étoile jaune accrochée de manière visible sur leur vêtement en salle de cours et d’examens (j’ignore si l’interdiction faite aux Juifs de Paris d’accéder aux bibliothèques publiques concernait également la bibliothèque de la Faculté de Droit). Ils pouvaient alors susciter l’indifférence, la sympathie*, l’étonnement, la gêne ou la condamnation de leurs camarades et des quelques trente professeurs de Droit.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    *Des protestations des étudiants non juifs de Paris contre l’étoile jaune furent relevées par la police et les services d’informations étrangers. Ainsi Londres rapporta-t-elle que des étudiants de l’Université de Paris arboraient visiblement, sur le boulevard Saint-Michel, des insignes avec le mot JUIF, affirmant ironiquement qu’ils signifiaient : « Jeunesse Universitaire Intellectuelle Française. »   

        Plus d’une vingtaine de ces manifestants, étudiants non juifs,  furent arrêtés sur ordre de Théodor Dannecker, correspondant d’Adolf Eichmann à Paris et responsable du service des affaires juives (Judenberater), par la Feldgendarmerie, et internés à Drancy plusieurs semaines avant d’être relâchés en septembre.

     

    Quant à la presse collaborationniste, au lendemain des manifestations de sympathie des étudiants de l’Université de Paris au Quartier latin, on put y lire ceci, sous le titre Protégeons la Race :

     

    « Malgré la répugnance qu’a maintenant l’ensemble des Français pour les juifs, il se trouve encore des jeunes très « swing » qui, complètement enjuivés par leurs fréquentations, témoignent de la sympathie à l’égard des Israélites et portent également une étoile jaune. Le gouvernement se doit de retrancher de la communauté française ces éléments indésirables et de satisfaire à leur désire d’appartenir à la communauté juive en les pourvoyant d’un authentique état d’Israélites et en les recensant comme tels. Ils pourront ainsi bénéficier sans exception de toutes les mesures que nous serons amener à appliquer aux juifs » (Le National Populaire, 20 juin 1942).

     

     

      

    À titre personnel, je ne dispose d’aucune information en ce qui concerne les réactions des professeurs de la Faculté de Droit de Paris au port de l’étoile jaune par leurs étudiants Juifs.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’un d’entre eux s’est-il, par exemple, en début de son cours, levé et avancé vers les étudiants concernés pour leur serrer la main comme le fit le professeur Charles-André Julien du petit lycée Condorcet de Paris à l’égard de ses jeunes élèves Juifs de la classe de Cinquième, le matin du 8 juin 1942 ?

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ou a-t-il embrassé certains d'entre eux comme ce vieil instituteur : 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Je sais un autre vieux professeur, bourru et tendre, qui fut tout bouleversé un matin en voyant entrer dans sa classe deux de ses petits élèves pour la première fois affublés de l’étoile jaune. Il fit asseoir tout le monde comme à l’habitude. Et puis, sans réfléchir, il appela les deux petits jusqu’à sa chaire. Quand ils furent près de lui, il les embrassa sans rien dire sur les deux joues » (Jean Guéhenno, auteur de L’Université dans la Résistance et dans la France nouvelle [Office français d’édition. 1945] ; et du Journal des années noires :1940-1944 [Gallimard] ».

     

     

     

        Aussi je me contenterai de citer le témoignage fort émouvant d’une étudiante juive inscrite en 1942 à la Sorbonne dans son journal tenu au jour le jour :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « J’avais l’impression de vivre un mauvais rêve […] Tout était changé, tout le décor familier du Quartier latin et de l’Université […] Les étudiants flânaient, attendaient, quelques-uns me regardaient…J’ai souffert, là, dans cette cour ensoleillée de la Sorbonne, au milieu de tous mes camarades. Il me semblait brusquement que j’étais devenue étrangère, comme si j’étais dans un cauchemar. Je voyais autour de moi des figures connues, mais je sentais leur peine et leur stupeur à tous. C’était comme si j’avais eu une marque au fer rouge sur le front.» (Le journal d’Hélène Berr, 2008).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cabine téléphonique de Paris interdite aux Juifs

     

                          10 Cabine téléphonique de Paris interdite aux Juifs

     

      Et cette même étudiante de rapporter son désarroi lorsqu’elle se rendait à l’Université et retournait chez elle après les cours :

     

    « Le 8 juin, je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m’a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi […] Le lendemain, à la station École Militaire, le contrôleur m’a dit : ‘Dernière voiture’ […] Cela a été comme la brusque réalisation d’un mauvais rêve. Le métro arrivait, je suis montée dans la première voiture. Au changement, j’ai pris la dernière… des larmes de douleur et de révolte ont jailli à mes yeux… » (depuis le 8 juin 1942, les Juifs étaient obligés de monter dans le dernier wagon du métro qui leur était réservé. Ils ne pouvaient utiliser les téléphones publics, fréquenter les lieux publics comme les squares, les jardins et les bibliothèques, se rendre dans les magasins qu’une seule heure par jour, entre 15 et 16 heures, être dehors après 18 heures...). 

     

     

     

     

     

    Le Professeur René Morel (1881-1952)

    11 Le Professeur René Morel (1881-1952), président de la Commission de sélection des étudiants Juifs en 1941 (illustration de Mme Favrot-Houllevigue, extraite de l’ouvrage Nos Maîtres de la Faculté de Droit de Paris. LGDJ, 1931. En libre accès sur gallica.bnf.fr.).

     

    Une autre des mesures antisémites dont la Faculté de Droit eut à connaitre fut celle fixant un numerus clausus pour les étudiants Juifs en application de la loi du 21 juin 1941 « réglant les conditions d’admission des étudiants juifs dans les établissements d’enseignement supérieur » (cette mesure existait en Allemagne depuis 1933). 

     

     

     

     

     

     

    Aux termes de cette loi, les Juifs ne pouvaient être admis dans les Facultés ou Instituts d’études supérieures que dans une proportion de 3% de l’effectif des étudiants inscrits l’année précédente.

     

     

     

    À l’ouverture de l’Assemblée de la Faculté de Droit, le 28 juin 1941, le Doyen Georges Ripert, de retour de Vichy où il avait été en charge de l’Instruction publique et de la Jeunesse dans le premier Gouvernement Laval, donna lecture de cette loi à ses collègues. Il ajouta qu’au cas où le nombre des candidats Juifs n’atteindrait pas le seuil des 3%, la commission devait quand même évaluer chacun des dossiers et qu’aucune inscription ne serait possible avant son avis.

     

     

    Puis il institua une commission de cinq professeurs, chargée de compter et de sélectionner les candidats Juifs :

     

     

     

    - La présidence en fut confiée à René Morel, professeur titulaire de la chaire de Droit civil depuis 1924.

     

     

     

     

     

     

     

     

    - Les quatre autres membres, nommés par le Doyen Georges Ripert, étaient : Henri Donnedieu de Vabres, titulaire de la chaire de Droit criminel (il représentera la France, en 1945, comme juge au procès de Nuremberg contre les principaux responsables du Troisième Reich) ; René Maunier, titulaire de la chaire de législation et économies coloniales ; Georges Scelle, à l’origine des troubles de l’année 1925 au sein de la Faculté de Droit (voir le chapitre LIII, ou 53 : L’affaire Georges Scelle (1925) ; et Maurice Grandclaude, titulaire de la chaire de Droit administratif et constitutionnel, connu pour son « Étude critique sur les livres des Assises de Jérusalem » (1923) et sa brève participation, en 1941, au cabinet du Ministre de la Justice, Joseph Barthélémy, lui aussi Professeur à la Faculté de Droit de Paris (les collègues de ce dernier, y compris René Cassin, après l'avoir vénéré au début de l’Occupation, le rejetèrent après sa mort survenue en 1945 juste avant son procès devant la Haute Cour de Justice pour haute trahison).

     

    La Faculté de Droit de Paris, autrement dit son Doyen et ses professeurs, contrairement aux Facultés de Lettres et de Médecine et à l’ENS, n’émit aucune réserve auprès du Rectorat de l’Académie de Paris et du Ministère de l’Éducation nationale quant à la procédure de fichage et de sélection appliquée aux étudiants Juifs.

     

     

    Le silence ou la passivité caractérisa également des associations d’étudiants comme la Corpo de Droit (Association Coopérative des Étudiants en Droit), et, de manière bien plus surprenante, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), sans doute parce qu’elle était, à cette époque, favorable au régime de Vichy. Plus encore, lors de son Congrès tenu en avril 1942, l’UNEF, non seulement ne s’opposa pas au numerus clausus contre les Juifs à l’Université, mais elle demanda au Ministère d’en fixer le taux à 2,5% au lieu de 3% !

     

    Quant aux étudiants Juifs de la Faculté de Droit de Paris, ils furent informés du numerus clausus les concernant par voie d’affichage au bureau du secrétariat. Ils durent alors déclarer individuellement à la Faculté de Droit leur origine juive afin que celle-ci puisse établir des listes nominatives (d’après l’article 1er d’une loi du 2 juin 1941 portant le « second » statut des Juifs, étaient considérés comme Juifs « les individus qui, quelle que soit la confession religieuse à laquelle ils appartiennent, sont issus de trois grands-parents juifs, c'est-à-dire de religion juive ou de deux grands-parents juifs si leur conjoint est également issu de deux grands-parents juifs ; enfin, ceux qui, étant de religion juive, sont issus de deux grands-parents juifs. »).

     

     

     

     

     

     

     

    Étudiants de la Faculté de Droit d’Alger en 1941

                           12 Étudiants de la Faculté de Droit d’Alger en 1941

     

    Il s’avéra, à l’issue des travaux de la Commission, que la limite de 3% des étudiants Juifs ne fut pas atteinte, contrairement à d’autres Facultés de Droit comme celle d’Alger où, à la rentrée de 1941, 110 candidats Juifs seulement furent acceptés sur 652 postulants (l’année précédente sur un total de 491 étudiants en Droit, on y dénombrait 126 Juifs soit 26%).

     

    Dans la mesure où le nombre des étudiants inscrits à Faculté de Droit de Paris, pendant l’année universitaire de référence 1940-1941, s’élevait à 7222, on peut penser que le nombre de candidats Juifs pour l’année 1941-1942 devait être inférieur à 200. Certes ce nombre est faible eu égard aux quelques 330 000 à 350 000 Juifs qui habitaient à Paris et dans sa proche banlieue au début de l’Occupation.

     

    La raison ne tient pas à ce que les Juifs auraient été réservés à l’égard des métiers du Droit même si beaucoup d’entre eux « faisaient médecine ». Au contraire, en 1938, on comptait 350 avocats Juifs à la Cour d’appel de Paris et 20% de stagiaires, en général diplômés de la Faculté de Droit de Paris (certains de ces avocats avaient été exclus des universités allemandes après la prise du pouvoir des nazis).

     

    Mais les jeunes étudiants Juifs pouvaient désormais être réticents à postuler pour le Droit dans la mesure où, jour après jour, ils prenaient connaissance de lois et décrets antisémites limitant ou interdisant leur accès au barreau (avocats), à la fonction publique et à la magistrature (les Juifs qui étaient déjà titulaires de la fonction publique en furent exclus), aux offices ministériels ou publiques (notaires, huissiers…), ou encore à l’enseignement (plus de 1100 Juifs furent exclus de l’enseignement par le ministère de l’Éducation nationale, y compris l’ensemble des professeurs de Droit).

     

    De plus, il était interdit de maintenir ou d’admettre des élèves Juifs dans les écoles et établissements organisant des concours pour l’entrée ou pour les récompenses de fin d’années (la totalité des élèves Juifs du Conservatoire national de musique et d’art dramatique furent exclus, sans même être autorisés à conserver le statut d’auditeur libre). Les Juifs ne pouvaient donc plus se présenter aux concours d’agrégation, y compris ceux de Droit, au demeurant inutiles puisqu’il leur était désormais interdit d’enseigner à l’Université.

     

    Enfin, des familles juives de Paris avaient émigré en zone libre ou à l’étranger pour se mettre à l’abri des souffrances et humiliations dont elles commençaient à être victimes en zone occupée.

     

    À défaut d’avoir des données précises concernant l’évolution du nombre d’étudiants Juifs à la Faculté de Droit de Paris, pendant les quatre années de l’Occupation, on peut mentionner qu’au Lycée Condorcet de Paris, qui accueillait traditionnellement, comme nos Facultés de Droit et de Médecine, les enfants de la bourgeoisie financière, libérale et commerçante d’origine juive, près de la moitié des élèves Juifs encore présents en juillet 1942 ne se présentèrent pas à la rentrée du mois d’octobre (Pierre Albertini, Les juifs du lycée Condorcet dans la tourmente. Article en libre accès:  https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2006-4-page-81.htm?try_download=1). 

     

    Ces élèves Juifs étaient partis pendant l’été, soit avec leur famille, soit seuls, souvent sous une fausse identité*, pour se mettre à l’abri des mesures antisémites qui ne cessaient de s’accélérer dans la capitale (port de l’étoile jaune à compter du 7 juin 1942, grandes rafles des 16 et 17 juillet 1942…). Autrement dit, l’élimination des lycéens et des étudiants Juifs, semble-t-il un temps envisagée par le ministre de l’Éducation nationale, Abel Bonnard, après celle des professeurs Juifs, s’opérait d’elle-même, sans qu’il fut nécessaire de l’inscrire dans une nouvelle loi antisémite ! Quant aux élèves Juifs qui restèrent au lycée Condorcet, plus de quatorze d’entre eux auraient été arrêtés, internés, voire déportés. Trois d’entre eux auraient survécu.

     

     

    *Par exemple, Robert Badinter, aujourd’hui âge de 91 ans, évita de justesse, en 1943, à l’âge de 15 ans, l’arrestation par le Gestapo, au côté de son père, lui-même arrêté et déporté dans un camp d’extermination en Pologne dont il ne revint pas. Il s'inscrivit, sous une fausse identité, dans un lycée de Chambéry. Après la guerre, Robert Badinter s’inscrivit à la Faculté de Droit de Paris, obtenant sa licence en Droit en 1948, et son doctorat en 1952. Reçu au concours de l’agrégation des Facultés de Droit en 1965, il fut professeur aux Facultés de Droit de Dijon, de Besançon, d’Amiens, puis de Paris I (de 1974 à 1994). Il fut encore l’un des plus célèbres avocats en droit pénal du barreau de Paris, pourfendeur de la peine de mort, dont il obtiendra l’abolition en 1981 en tant que Garde des sceaux (de 1981 à 1986). Il sera président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995, et refusera toute distinction de l'ordre national de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite.

     

     

     

     

     

    Le camp d'Auschwitz en janvier 1945

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    « Il a posé un doigt sur ses lèvres. Il faut se taire… » (Philippe Delaveau). La souffrance toute basse des étudiants Juifs de la Faculté de Droit de Paris, pendant l’Occupation, s’accentua avec la connaissance qu’ils avaient, souvent grâce à leurs proches, des mesures de déportation visant les Juifs étrangers puis ceux français (le premier convoi pour le camp d’Auschwitz-Birkenau date du 27 mars 1942).

     

    Mais ils n’en furent pas eux-mêmes épargnés. Des anciens diplômés de la Faculté de Droit de Paris d’entre les deux Guerres furent déportés raciaux à Auschwitz-Birkenau comme Francis Reiss (voir le chapitre LIX, ou 59. La Faculté de Droit de Paris sous l’Occupation (2/6) : les Étudiants appelés sous les drapeaux). Plusieurs déportés dans ce camp, alors qu’ils étaient encore lycéens, une fois libérés le 27 janvier 1945, s’inscrivirent à la Faculté de Droit de Paris comme Simone Veil. Arrêtée le 30 mars 1944 après avoir passé ses dernières épreuves du baccalauréat, elle apprit y avoir été reçue à son retour en France le 23 mai 1945. D’autres enfin furent déportés alors même qu’ils étaient encore étudiants en Droit pendant l’Occupation, et ce jusqu’au 31 juillet 1944, jour du dernier « Convoi 77 » où furent entassés, dans des wagons à bestiaux, 1309 personnes dont 324 enfants et bébés.

     

     

     

     

     

    Saint Pierre martyr, fresque de Fra Angelico, 1441 (Couvent de Saint Marc. Florence. Italie).

    14 Saint Pierre martyr, fresque de Fra Angelico, 1441 (Couvent de Saint Marc. Florence. Italie).

     

    « Le silence est la plus grande persécution : jamais les saints ne se sont tus » (Pascal, Pensées, XXIV, 66). À la Libération, la Faculté de Droit de Paris, sauf erreur de ma part, s’est abstenue de rendre hommage à ses jeunes étudiant Juifs qui ne revinrent pas des camps d’extermination. Sans doute parce que, dans l’après guerre, l’extermination des Juifs était passée sous silence, au motif, vrai ou faux, que nul n’en avait eu connaissance.

     

    Mais plus troublant, aujourd’hui, au sein de l’Université de Paris, bien peu de personnes s’en soucient ou en rougissent. Aussi est-il vain de chercher dans la Grande galerie de l’ancienne Faculté de Droit (devenue siège des Universités et Facultés de Paris I-Panthéon-Sorbonne et de Paris II-Assas), à l'entrée principale côté rue Saint-Jacques, une simple plaque où l’on pourrait y lire ces quelques mots que j’emprunte à toutes celles qui, depuis ces dernières années, fleurissent dans nos écoles primaires :

     

     

    « À la mémoire des étudiants (jeunes élèves) de cette Faculté (école), déportés de 1942 à 1944 parce qu’ils étaient nés Juifs. Ne les oublions jamais. »

     

     

     

     

     

    L’enfant Juif papilloniste (dessin de Spiridon Manoliu, 1949. Source : Wikimedia-Commons).

    15 L’enfant Juif papilloniste (dessin de Spiridon Manoliu, 1949. Source : Wikimedia-Commons).

     

         Le mot papilloniste, aujourd’hui disparu de nos dictionnaires, désignait les naturalistes qui étudiaient les papillons. Quant aux jeunes enfants, quelle que soit leur origine, ils courent toujours après les papillons, même en temps de guerre. Entre juillet 1942 et juillet 1944, 2000 enfants de moins de six ans, 6000 de six à treize ans, 3000 de treize à seize ans furent déportés raciaux.

     

          20 d’entre eux survécurent, avec ou sans leurs grands frères et grandes sœurs, anciens étudiants ou non de la Faculté de Droit de Paris, aussi déportés.

     

    Lettre d’un déporté Juif, publiée dans L’Humanité en août 1944 :

     

     « Chers amis,

     

        Que vous dire ? J'aurais tellement à dire, et des choses si extraordinaires que vous ne les croiriez pas. Et d'ailleurs, je ne trouve pas les mots pour vous les dire, il faut les avoir vécues et vues pour les croire. Je commencerai par vous dire que, depuis notre départ, notre groupe a fondu comme neige au soleil ; quatre-vingt-quinze pour cent des camarades se sont volatilisés si je puis employer ce mot. Nous restons, comme vous voyez, très peu nombreux de ceux du premier jour. Ne me demandez pas de détails. Je ne peux pas vous les donner. À me lire, vous devez vous dire que je suis devenu fou ou insensible. Ni l'un ni l'autre, que je sache. Je garde la tête froide ou, plutôt, nous gardons la tête froide. C'est la seule chose raisonnable que nous puissions faire [...].

     

    Tout ce que l'on raconte est vrai. Je ne veux plus parler des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants chargés comme du bétail dans des wagons expédiés au loin, vers l'Est. Il est des horreurs plus terribles encore : enfants bourrés dans des sacs comme des légumes et jetés dans le feu, femmes, vieillards brûlés vivants et ceci, non pas par unité, mais par centaines de milliers. Vous direz qu'il faut être fou pour croire des choses pareilles. Moi, je vous dis que des gens ont été témoins de ces massacres et on peut les croire. Mais à quoi bon se lamenter, crier, puisque personne ne peut nous aider.

     

     Alors il vaut mieux faire bonne mine et attendre les jours meilleurs [...]. Je voudrais encore bavarder avec vous, mais je n'ai pas le temps. Ma lettre est embrouillée, sans queue ni tête, mes idées se mêlent et pourtant, je ne peux vous écrire tout : il me faudrait des livres de papier. Je m'arrête et vous embrasse tous bien fort. » 

     

    À bientôt pour le prochain chapitre LXIII (ou 63). La Faculté de Droit de Paris sous l’Occupation (6/7) : l’exclusion des Professeurs Juifs.  Sans doute le 24 février prochain.


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