•  

     

     

    Le droit mène à tout à condition d’en sortir

         1. Petit homme de lois deviendra grand ! (photographie de 1885).

     

     

    « Le droit mène à tout… » (avocature, magistrature, notariat, police, concours de la fonction publique, assurance, banque, commerce, etc.). Cette expression familière, véritable dicton universitaire, est parfois complétée des mots : «… à condition d’en sortir ».

     

     

    Nos plus grands écrivains, hommes politiques et artistes peintres qui ont commencé leur vie comme « apprentis juristes », ne renieront pas cet ajout. Nombre d’entre eux ont laissé leur nom dans les villes où ils sont nés, comme nous le rappelait, à sa manière, Eugène Labiche : « Dès que le cœur d’un grand homme cesse de battre, on donne son nom à une artère ».

     

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout à condition d’en sortir

    2. L’étudiant en droit Eugène Labiche (photographie de Nadar. Source : Bibliothèque nationale de France).

     

     

    « Ce n’est pas pour me vanter, mais il fait drôlement chaud aujourd’hui » (Eugène Labiche : 39° à l’ombre [1879]) ». Les Belles Lettres ont ainsi attiré beaucoup de jeunes étudiants en droit et d’avocats en rupture de ban avec le palais. Citons, par exemple, Corneille, Molière, Charles Perrault, Nicolas Boileau, Voltaire, Balzac, Kafka, Labiche. Leur consacrant déjà la rubrique : « Comédies du Droit », je n’en dirai pas plus.

     

     « La peinture, c’est très facile quand vous ne savez pas comment faire. Quand vous le savez, c’est très difficile » (Edgar Degas). Il en est de même des Beaux-Arts comme je l’évoquerai bientôt avec Edgar Degas et Pierre Bonnard, tous deux diplômés de la Faculté de droit de Paris.

     

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout à condition d’en sortir

          3 Dieu et Dieu font Droit ! (L’avocat en robe. Source : Musée d’Orsay)

     

     

    « Par la politique on arrive à l'argent, aux places et aux honneurs » (Alphonse Karr, Sous les tilleuls, 1832). Le milieu de la politique fait, lui aussi, la part belle aux jeunes gens de bonne famille qui, parce qu’ils ne savent pas très bien ce qu’ils veulent faire dans la vie ou parce qu’ils sont nuls en sciences, en langues et en math, poursuivent des études de droit après avoir fréquenté les plus prestigieux collèges et lycées de leur ville de naissance.

     

    Capa-Ena-Nap. Certains d’entre eux, après avoir obtenu des diplômes de droit et réussi le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (acronyme Capa), à ne pas confondre avec le certificat d'aptitude professionnel agricole, prêtent le serment d’avocat devant la Cour d’appel de leur barreau. D’autres poursuivent des études à l’école libre de sciences politiques et, les plus austères, à l’école nationale d’administration (acronyme Ena), deux établissements forts prisés de la bourgeoisie aisée des anciens villages de Neuilly, Auteuil et Passy (acronyme Nap. Les Inconnus - Auteuil Neuilly Passy).

     

     

    C’est ainsi que, sous la Vème République, beaucoup de nos présidents, ministres, députés et sénateurs ont suivi tout ou partie de ce cursus honorum. Voici, par exemple, les photographies de deux étudiants en droit dignes de mémoire.

     

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout à condition d’en sortir

                             4. L’étudiant en droit François Mitterrand.

     

     

    Président de la République du 21 mai 1981 au 17 mai 1995, François Mitterrand  (1916-1966) est venu à Paris, en 1934, à l’âge de dix-huit ans, pour étudier à la Faculté de droit, place du Panthéon, puis à l’école libre de sciences politiques.

     

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout à condition d’en sortir

                     5. L’étudiant en droit Nicolas Sarkozy, le 16 avril 1976.

     

     

    Président de la République du 16 mai 2007 au 15 mai 2012, Nicolas Sarkozy (né en 1965), s’est inscrit à la Faculté de droit de Paris X Nanterre en 1973. Il a obtenu sa maîtrise de droit privé, cinq années plus tard, en 1978, puis est entré à l’institut d’études politiques de Paris. En 1980, il a obtenu le certificat d’aptitude à la profession du droit et entamé une carrière d’avocat qu’il a suspendue pour se consacrer à la vie politique locale (village de Neuilly) et nationale.

     


    votre commentaire
  •  

     

     

    Le droit mène à tout : Edgar Degas

    1 Edgar Degas, jeune étudiant en droit (Bibliothèque nationale de France).

     

     

    Edgar Degas (1834-1917), de son vrai nom Hilaire Germain Edgar de Gas, est né à Paris en 1834 dans une famille fortunée de banquiers. Pour faire plaisir à son père, après l’obtention de son baccalauréat ès lettres, il s’inscrivit, en 1853, à la Faculté de droit de Paris. Mais attiré par le dessin depuis son adolescence, il délaissa les cours passant ses journées à copier des estampes et des peintures à la Bibliothèque nationale et au Louvre. Il obtint pourtant, en 1855, un premier diplôme universitaire (le baccalauréat en droit), qui sera aussi son dernier diplôme de droit.  

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout : Edgar Degas

    2 Edgar Degas, après l’abandon de ses études droit (photographie d’Etienne Carjat [1828-1906]).

     

     

    En 1853, Edgar Degas abandonna ses études de droit pour se consacrer aux beaux-arts, au grand désespoir de son père. Sans ressources, il s’installa dans une mansarde du Quartier Latin, s’inscrivit à l’Ecole des Beaux-Arts, entreprit plusieurs séjours d’études artistiques en Italie, fit la connaissance de peintres (Manet, Monet, Pissaro…), et commença à exposer ses premières toiles.

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout : Edgar Degas

               3 Edgar Degas : Une nourrice au Jardin du Luxembourg.

     

     

    Lorsqu’il était enfant, Edgar Degas se promenait avec sa nourrice au Jardin du Luxembourg, le paradis des étudiants de la Faculté de droit du Panthéon (ses parents habitaient rue Saint-Georges, non loin du Jardin du Luxembourg).

     

    Au cours de sa longue carrière artistique, Edgar Degas n’a peint que cette seule toile du Jardin du Luxembourg (d’autres grands peintres l'ont représenté : Auguste Renoir, Maximilien Luce, Van Gogh, Picasso, et Félix Vallotton. Je présenterai ces tableaux dans la rubrique : Au Quartier Latin). De plus, Edgar Degas n’a jamais représenté sur la toile les voies attenantes au Jardin du Luxembourg comme la rue Soufflot, toujours très prisée des artistes peintres. Deux raisons peuvent l’expliquer. D’abord, Edgar Degas est un peintre de figures qui s’intéressait peu aux paysages. Ensuite, étant atteint de troubles oculaires, il craignait la lumière et préférait se cantonner à la peinture d’intérieurs comme les classes de danse et les ateliers de repasseuses.

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout : Edgar Degas

     

    4 Edgard Degas : La classe de danse (huile sur toiles, années 1871-1874. Musée d’Orsay).


    votre commentaire
  •  

     

    Le droit mène à tout : Pierre Bonnard

                                    1 Pierre Bonnard (photographie circa 1899)

     

     

    Licence en droit et prestation de serment. Pierre Bonnard (1867-1947) est né à Fontenay-aux-Roses dans les Hauts-de-Seine. Comme Edgar Degas, c’est pour faire plaisir à son père, chef de bureau au ministère de la Guerre, qu’il s’inscrivit à la Faculté de Droit de Paris. En 1888, après trois années d’études, il obtint son diplôme de licence en droit et se présenta, sans succès, au concours d’entrée dans l’administration de l’enregistrement. L’année suivante, employé chez un substitut du parquet, il prêta serment afin d’exercer la noble profession d’avocat.

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout : Pierre Bonnard

                           2 Pierre Bonnard (photographie circa 1906)

     

     

    Un avocat qui se fait peintre.  Pierre Bonnard ne plaida jamais en justice. Étant atteint, comme Edgar Degas, de la maladie contagieuse dite des « Beaux-Arts », il délaissa aussitôt la robe d’avocat pour la toile et le pinceau. En 1889, avec l’accord de son père, il entra à l’École des Beaux-Arts et se présenta, sans succès, au Concours de Rome. La même année, il rejoignit l’Académie Julian, une école de peinture et de sculpture qui avait été fondée en 1855 par le peintre Rodolphe Julian. Il y côtoya Édouard Vuillard, Ker Xavier Roussel, Maurice Denis, Paul Ranson, Félix Vallotton, Henri Ibels et Paul Sérusier. Il fonda avec Paul Séruisier, Maurice Denis et Paul Ranson, le groupe d’avant-garde des Nabis, qui mettait la couleur et l’aspect formel au centre de leur démarche  

     

     

     

     

     

    Le droit mène à tout : Pierre Bonnard   

             3 Pierre Bonnard : affiche France-Champagne (1889-1890).

     

     

    « La première estampe affiche qui ait joyeusement éclaté sur les murs de Paris depuis Daumier.... » (Félix Fénéon, rédacteur en chef de la Revue Blanche). Son véritable coup de « maître »,  Pierre Bonnard, le donna, quelques mois après sa prestation de serment d’avocat, avec l’affiche lithographique France-Champagne qui lui avait été commandée par la marque France-Champagne. Cette jeune buveuse de champagne, ébouriffée, dansante et dorée, en jaune, rose, orangé et noir, charma aussitôt le public, les critiques d’art et Henri de Toulouse-Lautrec lui-même. Adieu palais de justice et plaidoiries !

     

     

     

     

     

         Le droit mène à tout : Pierre Bonnard       

                                      4 Pierre Bonnard : La place Clichy. 1896. 

     

     

     

    « Je ne suis d'aucune école. Je cherche uniquement à faire quelque chose de personnel » (Pierre Bonnard). Mon homonyme a laissé de nombreuses toiles de Paris, notamment de la place Clichy et de Montmartre. Mais, à ce jour, je n’ai pas encore trouvé de toiles de Pierre Bonnard représentant le Quartier Latin et le Jardin du Luxembourg (si quelqu’un a un « tuyau », je suis preneur, non pas de la toile, mais de son image gratuite ! ).


    votre commentaire
  •  

     

    Professeurs René Cassin et Julliot de la Morandière en 1947

    Remise de l'épée de l'Académie des Sciences morales et politiques au Professeur René Cassin (à gauche) par le Professeur Léon Julliot de la Morandière (à droite), Doyen de la Faculté de Droit de Paris (1947).

     

     

                 René Cassin (1887-1976), Professeur à la Faculté de Droit de Paris, à qui j'ai déjà consacré une chronique complète (Professeur René Cassin), a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques en 1947. Il en devint président en 1962.

     

     

       Sur cette photographie, René Cassin reçoit l'épée d'Académicien des mains de son collègue de la Faculté de Droit de Paris, le Professeur Léon Julliot de la Morandière (1885-1968), lui-même élu à cette Académie en juin 1946, et nommé Doyen de la Faculté de Droit de Paris, le 1er décembre 1944.

     


    votre commentaire
  •  

     

    Faculté de Droit de Paris, Place du Panthéon (XIXème siècle).

    Faculté de Droit de Paris, Place du Panthéon (L. P. Phot, tirage sur papier albuminé, fin du XIXème siècle). 


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique