• Tirage sur papier albuminé: Justices de Paix et Juges de Paix

     

     

     

     

    Audience de la Justice de Paix de Frendah pendant la colonisation française

     

     1 Audience de la Justice de Paix de Frendah pendant la colonisation française (photographie tirée sur papier albuminé, non datée. Frendah, ou Frenda, se situe dans la wilaya de Tiaret à l'Ouest de l’Algérie dans la région des Hauts plateaux). 

     

     

          À l’antipode de la Cour de cassation, installée en plein cœur de Paris, sur l’Île de la Cité, avec ses Hauts magistrats du siège ou du parquet (Premier Président, Présidents de chambres, Procureur général…), dont j’ai précédemment mis en ligne des portraits-cartes-de-visite (CDV), tirés sur papier albuminé, se trouvaient, jusqu’en  1958, les simples Justices de Paix

     

          Ces Justices de Paix, au nombre d’une par canton, avaient été instituées, sous la Constituante, par les lois des 16 et 24 août 1790, et restaurées par une loi du 8 pluviôse an IX (28 janvier 1801), intitulée « loi portant réduction du nombre de justices de paix ». Elles permettaient une justice de proximité simple, efficace, gratuite et équitable pour régler les différends de la vie quotidienne (sous la Troisième République, chaque année, 300 à 400 000 plaintes étaient déposées devant ces juridictions locales, et les Juges de Paix convoquaient et présidaient près de 75 000 conseils de famille). Les Justices de Paix ont été supprimées en 1958, et remplacées par les Tribunaux d'Instance et les Médiateurs.

     

     

     

    La Justice de Paix de Saint-Denis (photographie tirée sur papier albuminé. Circa 1895).

    2 La Justice de Paix de Saint-Denis (photographie tirée sur papier albuminé. Circa 1895).

     

        L’architecture des Justices de Paix construites au XIXème siècle, était, le plus souvent, de style néo-classique français: un temple à colonnes inspiré de la basilique romaine (comme la Faculté de Droit de Paris donnant sur la place du Panthéon, édifiée à la fin du du XVIIIème siècle, par Jacques-Germain Soufflot).

     

        La Justice de Paix de la ville de Saint-Denis, proche de Paris, en est le meilleur exemple, comme je l’ai déjà présentée, il y a près de deux ans, dans la rubrique Cours de Justice (La Justice de Paix de Saint-Denis :

    http://droiticpa.eklablog.com/la-justice-de-paix-de-saint-denis-seine-saint-denis-a145673056

     

     

     

    Stanislas des Etangs Juge de Paix honoraire à Bar-sur-Aube (1848-1874), et Botaniste Herborisateur, un des fondateurs du Musée de Troyes  (photographie tirée sur papier albuminé. 21 décembre 1873).

    3 Stanislas des Etangs (1801-1876), Avocat à Paris (1826-1830), Greffier de la Justice de Paix à Troyes (1830-1848), Juge de Paix honoraire à Bar-sur-Aube (1848-1874), et Botaniste Herborisateur, un des fondateurs du Musée de Troyes  (photographie tirée sur papier albuminé. 21 décembre 1873).

     

        Les Justices de Paix étaient placées sous la responsabilité de Juges de Paix (un par juridiction locale), magistrats les plus humbles de l’ordre judiciaire (à la fin du XIXème siècle, les quelques 3000 Juges de Paix constituaient la moitié des effectifs de la magistrature).

     

     

    Le Juge de Paix de Millau

    4 Le Juge de Paix de Millau (photographie tirée sur papier albuminé. Non datée. Millau est une sous-préfecture du département de l’Aveyron, en région Occitanie. La Justice de Paix de Millau, boulevard de l’Ayrolle, est, aujourd’hui, une Chambre de proximité, appelée Tribunal de Proximité, du Tribunal Judiciaire de Rodiez).

     

         Et pourtant cette affectation modeste pouvait être ressentie par les magistrats concernés comme un grand honneur, puisque nombre d’entre eux se présentèrent, dans la seconde partie du XIXème siècle, dans les ateliers de photographes pour « se faire tirer le portrait » en carte de visite.

     

     

     

     

    Jules Vernet, Juge de Paix (photographie tirée sur papier albuminé. Mérienne. Photographe. Grenoble).

    5 Jules Vernet, Juge de Paix (photographie tirée sur papier albuminé. Mérienne. Photographe. Grenoble).

     

      Aussi trouve-t-on, aujourd’hui, quelques uns de leurs portraits photographiques dans les catalogues des salles de ventes aux enchères et sites Internet, apportés par des particuliers qui les ont retrouvés, au fond d’une vieille malle en bois ou en osier, dans des albums poussiéreux de photos de famille.

     

     

     

    Charles Aubert, Juge de Paix à Entrevaux, un village de l’arrière pays niçois (carte de visite photographique tirée sur papier albuminé. XIXème siècle. Clément Lagriffe, photographe, 203 rue Saint-Honoré, à Paris).Tirage sur papier albuminé: Justices de Paix et Juges de paix

    6 & 7. Charles Aubert, Juge de Paix à Entrevaux, un village de l’arrière pays niçois (carte de visite photographique tirée sur papier albuminé. XIXème siècle. Clément Lagriffe, photographe, 203 rue Saint-Honoré, à Paris).

     

        Vintage albumen print.  Les quelques photographies de Justices de Paix et de Juges de Paix, sans aucun élément biographiques pour ces derniers, faute de notoriété nationale, présentées dans cette page ont été tirées sur papier albuminé. Elles sont reconnaissables à leur teinte sépia et brune, imputable à l’albumine d’œufs utilisée par les photographes de l’époque. Elles sont souvent mentionnées dans les catalogues de vente aux enchères par les mots anglais « vintage albumen print » (le mot anglais vintage, est lui-même issu de l’ancien français vendange (porto vintage ou porto millésimé), retransformé en nouveau français dans le sens de rétro),

     

     

     

    La Justice de Paix de Saïgon, en Cochinchine française, aujourd’hui République du Viêt Nam (photographie tirée sur papier albuminé. 1890).

    8 La Justice de Paix de Saïgon, en Cochinchine française, aujourd’hui République du Viêt Nam (photographie tirée sur papier albuminé. 1890).

     

      Pour tout connaître sur l’organisation de la justice en Indochine, je vous invite à lire l’étude détaillée de l’Association Nationale des Anciens et Amis de l’Indochine sur son site : France/Indochine : Histoire et Mémoire.

    http://www.anapi.asso.fr/SITEANAI/www.anai-asso.org/NET/document/loeuvre_de_la_france/le_temps_de_la_paix/organisation_de_la_justice/index.html

     

       Toutefois, s’il est mentionné, dans cette étude, le remplacement en 1887 de tous les tribunaux de Cochinchine par des Justice de Paix à compétence étendue composées d’un Juge de Paix et d’un suppléant, il est aussitôt ajouté « à l’exception de ceux de Saïgon, et de Vinh-Long » (c’est en 1864 que furent créés à Saïgon un Tribunal de 1ère Instance et un Tribunal Supérieur). Peut-être que la mention de la photographie ci-dessus que j’ai trouvée sur Internet « Photo Albuminé Saïgon Bâtiment Justice et Paix Viêt Nam Indochine 1890 » est erronée. Si quelqu’un peut me renseigner, je pourrai corriger ou compléter la légende de cette photographie albuminée (lien : contact ou commentaire).

     

     

     

    Le Palais de Justice de Saïgon. Viêt Nam. Indochine (Photo Albuminée. 1890).

    9 Le Palais de Justice de Saïgon. Viêt Nam. Indochine (Photo Albuminée. 1890). 

     

          Cette autre photographie trouvée dans l’auberge espagnole d’Internet avec la légende suivante : « Photo Albuminé Saïgon Palais de Justice Viêt Nam Indochine 1890 », me plonge plus encore dans l’embarras, d’autant plus que le bâtiment est différent de celui présenté précédemment (n° 8). S’agit-il de la Justice de Paix, du Tribunal de 1ère instance ou du Tribunal supérieur de Saïgon ?

         

           Sur le site FranceArchives Portail national des archives, la rubrique Saïgon comporte plusieurs catégories de documents. Les archives concernant la Justice de Paix de Saïgon de 1876 à 1912, avec la mention selon laquelle elle a été créée par décret du 15 mai 1875, celles concernant le Tribunal de 1ère Instance de Saïgon créé par décret du 25 juillet 1864, celles concernant le Tribunal de commerce de Saigon créé par décret du 25 juillet 1864, et celles concernant le Tribunal supérieur de Saïgon, devenu Cour d’appel, également créé par décret du 25 juillet 1864.

    https://francearchives.fr/fr/facomponent/38073b29a089f1b90233499ff29efd50a651dcf9

     


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