• XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

    92. Saint Yves (illustration d’après une ancienne bannière de Tréguier. Saint Yves : Etudes sur sa vie et son temps, par M. L’Abbé France, 2ème édition, Saint-Brieux, 1893. En libre accès sur www.gallica.bnf.fr).

     

    Un célèbre breton du Moyen Âge illustre parfaitement les éléments mentionnés dans plusieurs chapitres de cette histoire de la Faculté de Droit de Paris. Il s’agit d’Yves (en breton : Erwan) Hélori de Kermartin, plus connu sous les noms d’Yves de Tréguier ou Saint Yves (1253-1303). Il étudia le droit aux Universités de Paris et d’Orléans dont il fut Docteur, avant de devenir prêtre (paroisse de Trédrez, puis de Louannec) et Official, autrement dit juge au tribunal de l’Évêque, d’abord à Rennes, ensuite à Tréguier (l’officialité permettait d’être avocat devant les juridictions féodales et royales en même temps que juge du tribunal de l’Evêque).

     

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

    93. Saint Yves, avocat : entre le riche et le pauvre (statue de l’église d’Irvillac, du département du Finistère dans la région Bretagne). Beaucoup de statues et d’images anciennes nous montrent Saint Yves, habillé en avocat ou en juge, entre le riche et le pauvre. L’un d’entre eux tient toujours à la main des « sacs de procès », car à l’époque on écrivait les actes sur des papiers ou des parchemins roulés ensuite dans un sac. Le riche est celui qui porte de beaux habits et un chapeau sur la tête, alors que le pauvre est découvert. 

     

    Advocatus erat, sed non latro, res mirabilis populo : Il était avocat, mais pas voleur, chose admirable pour les gens (Dicton du XIIIe siècle à propos de la générosité d’Yves de Tréguier). Les procès qu’Yves plaida comme avocat le rendirent célèbre dans le peuple autant pour l’habileté de ses plaidoiries que par son désintéressement, puisqu’il ne demandait pas d’honoraires aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. C’est ainsi qu’Yves de Tréguier est non seulement devenu le proverbial protecteur des pauvres, des veuves et des orphelins, mais aussi le saint patron des avocats et même de tous les gens de loi (notaires, avoués, huissiers, etc.).

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

    94. Saint Yves. Patron des Avocats, Notaires, Avoués, Huissiers, etc… (image enfantine fin du XIXème siècle).

     

    Yves de Tréguier fut déclaré saint en 1347, et les Barreaux, ordres professionnels des avocats, le considèrent toujours comme leur patron, non seulement en Bretagne mais dans toute la France et même dans d’autres pays du monde.

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

    95. Le Pardon de Saint-Yves, 20 mai 1964 (image extraite d’une vidéo de l’INA en accès libre : http://www.ina.fr/video/RYC9710315504). En Bretagne, le pardon veut dire fête religieuse du Saint Patron.

     

    Aujourd’hui encore, au Grand Pardon de Saint-Yves, qui réunit chaque année, au mois de mai, plusieurs milliers de personnes, des délégations d’avocats venus de toute la France et parfois de plus loin encore sont présentes.

     

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

    96. Tréguier. Le Minihy. La ferme de Kermartin. C’est sur cet emplacement, ainsi que l’indique la plaque apposée sur la maison, que se trouvait le manoir de Kermartin où naquit Saint-Yves. Le vieux puits, au premier plan, est de l’époque. Le manoir en ruine a été démoli en 1827 par Mgr Quelen, archevêque de Paris, reconstruit en 1834 par M. Guilleme, le maire de Tréguier, et incendié accidentellement en 1907.

     

    Yves Hélory (Hélori ou Héloury) naquit , il y a 764 ans, le 17 octobre 1253, sous le règne de Saint Louis, au manoir de Kermartin, à Minihy-Tréguier, en Bretagne. Enfant de petits nobles bretons, il étudia la grammaire auprès du recteur de Pleubian, et il fut éduqué et protégé par Jean de Kerc’hoz, son précepteur de sept ans plus âgé que lui.

     

     

    XIII. Saint Yves, l’avocat des pauvres, patron des avocats.

     

    97. Jeunes escholiers gagnant les collèges de Paris sous la conduite des messagers de l'Université (dessin d’Albert Robida, extrait de son livre : Les escholiers du temps jadis, Librairie Armand Colin, 1907. En libre accès sur www.gallica.bnf.fr). Dès sa naissance, l’Université de Paris avait établi des messagers qui se chargeaient d’aller chercher dans les provinces, et de conduire à Paris les jeunes gens qui voulaient venir y étudier.

     

    Lorsqu’Yves atteignit l’âge de quatorze ans, ses parents décidèrent de l’envoyer à l’Université de Paris, pour qu’il y suive des enseignements de philosophie, de théologie et de droit, accompagné de son précepteur Jean de Kerc’hoz. Le voyage étant long et non sans dangers, le convoi de plusieurs jeunes bretons, tous escholiers de droit, fut escorté de messagers de l’Université de Paris et d’hommes d’armes auxquels se joignit le seigneur de Kermartin lui-même.

     

    La suite, dans quelques jours, avec le chapitre XIV de cette histoire de la Faculté de Droit de Paris en images et cartes postales anciennes : Saint Yves, étudiant en droit à Paris et Orléans.


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