• XXXIX : Les travaux d’agrandissement de 1876 à 1900

     

     

     

    L’École de Droit, place du Panthéon (photographie colorisée à la main vers 1900)

    1 L’École de Droit, place du Panthéon (photographie colorisée à la main vers 1900)

     

    Prologus. En avant-propos de ce chapitre consacré aux travaux d’extension sous la IIIème République de l’École de Droit édifiée par l’architecte Jacques-Germain Soufflot en 1774, riche de bien belles images et cartes postales anciennes (ICPA), je rappelle que le Centre Panthéon abrite aujourd’hui, au n° 12 de la place du Panthéon, de manière bien confuse, le siège de l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, l’École de Droit de la Sorbonne de cette même Université (Département Licence-Master 1 et Master 2), et le siège de l’Université de Paris-II-Assas (voir la rubrique Annuaire des Facultés de Droit).

     

     

     

    Plan de la Faculté de Droit de Paris après les travaux d’extension de ses bâtiments (plan postérieur à l’année 1897)

    2 Plan de la Faculté de Droit de Paris après les travaux d’extension de ses bâtiments (plan postérieur à l’année 1897).

     

     

    Un îlot de Droit. Ce plan d’une partie du Vème arrondissement du Quartier Latin de Paris montre l’emplacement de l’École de Droit de Paris (renommée Faculté de Droit, le 1er janvier 1809) après les travaux entrepris entre 1876 et 1900 qui lui ont permis d’occuper tout l’espace compris entre la place du Panthéon (ancienne place de la nouvelle église Sainte-Geneviève), la rue Cujas, la rue Soufflot et la rue Saint-Jacques. 

     

     

     

     

    Vue aérienne en 1958 du Panthéon (1), de la Faculté de Droit (2), du Lycée Louis le Grand (3) et de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (4).

    3. Vue aérienne en 1958 du Panthéon (1), de la Faculté de Droit (2), du Lycée Louis le Grand (3) et de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (4). 

     

     

            La transformation de la « vieille maison » (termes employés par le Doyen Garsonnet en 1896). Car, en effet, le bâtiment d’origine de l’École de Droit de la place du Panthéon se révélant trop étroit pour accueillir ses étudiants de plus en plus nombreux (500 en 1805, 1095 en 1808, 2055 en 1817, 3097 en 1818, 3 200 en 1893, 4 600 en 1899), de gigantesques travaux d’agrandissement durent être réalisés sous la IIIème République, d’abord entre 1878 et 1880, ensuite, dans les années 1890. Ernest Lheureux, architecte de la ville de Paris pour le Vème arrondissement, en fut le maître d’œuvre.

     

    À cette fin, et sous le contrôle de l’État, la ville de Paris, propriétaire de l’École de Droit depuis un décret du 9 avril 1811, procéda à l’expropriation de l’ensemble des maisons et terrains privés situés derrière le bâtiment d’origine jusqu’à la rue Saint-Jacques. Sur ce vaste espace, Ernest Lheureux édifia des salles de cours (six amphithéâtre disponibles en 1900), de conférences, d’examens, de thèses et de remise de prix, ainsi que des bureaux, et des salles de réunions. Il construisit encore deux salles de lectures entre 1876 et 1878, et une grande bibliothèque entre 1893 et 1898, dont l’actuelle Bibliothèque Cujas est l’héritière en dépit de son déménagement de l’autre côté de la rue Cujas, au numéro 2, en dehors du site historique de l’École de Droit.

     

    À l’issue des travaux, une plaque fut apposée au pied du grand escalier de la Faculté Droit avec ces mots gravés : « L’an 1900, Émile Loubet étant Président de la République, Georges Leygues ministre de l’Instruction publique, ont été terminés les travaux de la Faculté de droit restaurée et agrandie à frais communs entre l’Etat et la ville de Paris ».  

     

     

     

     

    La façade de la Faculté de Droit, rue Soufflot (vue panoramique vers la Tour Eiffel, prise du Panthéon).

    4. La façade de la Faculté de Droit, rue Soufflot (vue panoramique vers la Tour Eiffel, prise du Panthéon).

     

     

             Après les travaux entrepris par Ernest Lheureux, la façade gauche de l’École de Droit, sans aucune porte ou porte-fenêtre (mur de pignon), s’étendit rue Soufflot jusqu’à la rue Saint Jacques (à droite de cette carte postale ancienne).

     

    Au début du XIXème siècle, la rue Soufflot (ancienne rue du Panthéon-Français), du nom de l’architecte du Panthéon et de l’École de Droit, s’achevait en cul-de-sac au niveau de la rue Saint-Jacques. Son allongement vers le boulevard Saint-Michel et l’entrée du Jardin du Luxembourg commença sous le Second Empire, en 1846, et elle s’acheva sous la IIIème République, en 1876, année même du commencement des travaux d’extension de l’École de Droit. 

     

     

     

     

    Mur de pignon de l’École de Droit, rue Soufflot

    5. Mur de pignon de l’École de Droit, rue Soufflot (à gauche de cette carte postale ancienne noir et blanc).

     

     

     

    Mur de pignon de l’École de Droit, rue Soufflot (à gauche de cette carte postale ancienne colorisée à la main)

    6. Mur de pignon de l’École de Droit, rue Soufflot (à gauche de cette carte postale ancienne colorisée à la main).

     

     

     

    La Faculté de Droit à l’angle de la rue Soufflot et de la rue Saint-Jacques.

    7. La Faculté de Droit à l’angle de la rue Soufflot (à droite de cette photographie colorisée) et de la rue Saint-Jacques (à gauche de la photographie).

     

     

     

     

    La façade arrière de l’École de Droit (1), le lycée Louis le Grand (2), et la Nouvelle Sorbonne pour les lettres et les sciences (3), rue Saint-Jacques.

    8. La façade arrière de l’École de Droit (1), le lycée Louis le Grand (2), et la Nouvelle Sorbonne pour les lettres et les sciences (3), rue Saint-Jacques.

     

     

    La rue Saint-Jacques est probablement la plus ancienne rue de Paris correspondant au tracé fondateur de la cité gallo-romaine Lutèce en contrefort de la Montagne Sainte-Geneviève.

     

     

     

    La nouvelle entrée de la Faculté de Droit, rue Saint-Jacques

              9 La nouvelle entrée de la Faculté de Droit, rue Saint-Jacques

     

     

       C’est dans la rue Saint-Jacques qu’a été édifié, pour servir d’entrée à la Faculté de Droit, le portique, dessiné par Louis-Ernest Lheureux.

     

     

     

     

     

     

    Le portique de la Faculté de Droit, rue Saint-Jacques (planche architecture, Lheureux, 1898)

    10 Le portique de la Faculté de Droit, rue Saint-Jacques (planche architecture, Lheureux, 1898).

     

     

     

     

    Dans le langage des architectes, le portique désigne une décoration, en colonnes et en balustrades, pour servir d’entrée couverte à quelque lieu, ou pour le simple ornement (dict. d’Émile Littré). En l’espèce, il s’agit donc d’un portique d’entrée.

     

     

     

     

     

     

    La façade droite de la Faculté de Droit, rue Cujas

     

    11 La façade droite de la Faculté de Droit, rue Cujas (extrait d’une vue aérienne prise par Roger Henrard vers 1955).

     

     

    La rue Cujas existait déjà en 1230, sous le nom de rue Coupe-Gueule. Plus tard, elle fut renommée rue des Grès (déformation des mots des Grecs), puis rue Saint-Étienne-des-Grés (ou des Grès), en raison de l’église collégiale de Saint-Etienne-des-Grés qui se situait au niveau de la rue Saint-Jacques et du 5 rue Cujas. Les terrains de cette église, détruite en 1792, furent rachetés par la ville de Paris pour permettre les travaux d’extension de la Faculté de Droit jusqu’à la rue Saint-Jacques.

     

    C’est un décret du 2 octobre 1865 qui, en raison du voisinage de la Faculté de Droit, rebaptisa la rue Saint-Étienne-des-Grés rue Cujas du nom de Jacques Cujas (1520-1590), le célèbre jurisconsulte exégète du droit romain surnommé le « prince des romanistes ». Cujas aurait enseigné le droit romain un court temps à Paris avant de retourner dans sa chère ville de Bourges où il demeura jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1590. 

     

    La façade de la Faculté de Droit donnant sur la rue Cujas et se prolongeant jusqu’à la rue Saint-Jacques, contrairement à celle donnant sur la rue Soufflot, a été percée par Ernest Lheureux de plusieurs ouvertures. Toutefois, ces ouvertures n’ont pas donné de charme particulier à ce long mur de la Faculté de Droit. C’est sans doute la raison pour laquelle je n’ai pu trouver aucune photographie ancienne de cette façade droite de la Faculté de Droit. Sauf une qui représente l’ancienne bibliothèque de l'École de Droit de Paris. Édifiée par Ernest Lheureux, cette bibliothèque était située au niveau de l'actuel numéro 3 rue Cujas, et, de ce fait, intégrée à l’îlot de l'École de Droit (elle a été détruite en 1969-1970). La photographie a été prise entre 1877 et 1880, par l’un de nos plus grands photographes : Charles Marville (1813-1879). Je vous la présenterai dans le prochain chapitre de cette saga imagée de la Faculté de Droit de Paris : 

     

       À très bientôt donc pour le chapitre XL intitulé : La Bibliothèque de Droit, rue Cujas (1/3)  


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